Chers amis,
A deux semaines de notre assemblée générale extraordinaire du 25 novembre prochain à Dijon (assemblée qui se substitue à notre traditionnelle réunion annuelle des comités départementaux et comités régionaux), je vous adresse ce courrier pour vous permettre, avant votre vote, de mieux cerner les motifs et les enjeux de la réforme de notre structure sportive.
Je vous communique en préliminaire quelques données dont la prise en compte est à mon sens essentielle :
- Evolution de la perte de nos licenciés de 1996 à 2000
Nous avons perdu sur cette durée :6.931 adultes
Nous avons gagné sur cette durée : 2.331 jeunes
La perte cumulée en recette à partir du nombre repère de 50.132 adhérents en 1996 (36.463 adultes, 13.669 jeunes), s'élève à :1.703.078,60 F
- Typologie de nos pratiques sur l'exercice 2000
(données C.S.T.portant sur le choix de première activité pratiquée par 37.274 adhérents recensés de novembre 99 à septembre 2000)
Alpinisme (y compris expéditions et cascade de glace) : 2.811 soit 7,54%
Canyonisme : 278 soit 0,74%
Escalade (dont via ferrata) : 27.049 soit 72,56%
Randonnée : 4.943 soit 13,26%
Raquettes à neige : 168 soit 0,45%
Ski-Alpinisme : 886 soit 2,37%
Ski alpin et snowboard : 1.139 soit 3,05%
Avant d'aller plus avant je tiens à souligner, qu'on le veuille ou non, que notre fédération doit être considérée comme une entreprise, d'un type particulier certes, mais obéissant comme toutes les autres aux lois du marché.
Ainsi, pour sortir de la période de récession que nous traversons, nous ne pouvons compter aujourd'hui que sur notre capacité à trouver les solutions qui permettront d'infléchir à la hausse l'évolution de la courbe de nos adhérents.
Ne nous laissons pas leurrer par le mirage de l'état providence : les subventions qui nous sont affectées le sont pour mener des actions spécifiques clairement identifiées sur notre contrat d'objectif (équipes de France, surveillance médicale des sportifs, actions s'intégrant dans les orientations données par le ministère ...) et non pour assurer notre fonctionnement courant.
Nous avons aujourd'hui une vision claire de notre fédération et force est de constater l'inefficacité du système des comités sportifs dans le secteur montagne.
Evoluant séparément, tentés de se constituer en fédérations à l'intérieur de la fédération mère, nos comités sportifs n'ont pas été capables de s'adapter aux nouvelles donnes de la société et d?aller au devant de nouveaux adhérents.
Nous avons ces dernières années considérablement augmenté le volume de notre chiffre d'affaires et de nos frais de déplacement et ce en pure perte puisque qu'en même temps nous perdions des adhérents.
D'aucun se sont lancés dans le tout compétition alors que les enquêtes que nous avons pu mener auprès de nos clubs et de nos adhérents démontrent que l'intérêt de la grande majorité d'entre nous allait à la pratique de loisir et que tous attendaient de la fédération qu'elle s'investisse avec plus de force dans la défense des pratiques et dans la préservation des sites.
Il est évident pour tous que l'escalade est aujourd'hui l'activité qui nous offre les meilleures chances de développement. Pour assurer ce développement, il est essentiel aujourd'hui que le secteur compétition ne fasse plus cavalier seul et participe avec les adeptes du loisir tant au développement des salles d'escalade, qu'à l'équipement, l?entretien et la protection des sites naturels.
C'est dans cette perspective que sera créé un " département escalade ", fédérant les énergies et agissant sous une direction unique.
Héritiers d'un passé prestigieux et convaincus que c'est par l'escalade que le plus grand nombre accède aux autres pratiques, nous ne devons pas négliger les activités montagne. Ainsi l'alpinisme et la randonnée (à pied, à ski et en raquettes) ne doivent plus être dissociés et ne doivent plus évoluer en parallèle et en l'absence de toute concertation.
Les activités compétitives non considérées de haut niveau (courses de raquettes et raids) devront évoluer en liaison avec celles reconnues de haut niveau notamment pour la mise au point des règlements et la gestion des classements. Elles devront aussi prendre conscience de la nécessité absolue de générer des produits, en exigeant notamment qu'un maximum de leurs compétiteurs soient titulaires de la licence fédérale.
Notre fédération regroupée articulée en deux grands départements : " Escalade " et " Montagne ", pilotés par des Comités Exécutifs instruisant les dossiers et assurant la liaison avec le Comité Directeur, sera alors à même de repartir et d'assurer le développement harmonieux de ses différentes activités.
Le 25 novembre prochain, vous serez devant un choix simple mais lourd de conséquence : laisser notre fédération s'éparpiller et aller à sa perte, ou accepter d'aller de l'avant en lui donnant les moyens de se développer.
A très bientôt à tous en cette belle cité de Dijon.
Jean-Claude Marmier
Président .
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