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Vanessa François, retour d'émotions "El Cap à bout de bras"

Expédition - 23/11/13 à 14:58

Un petit mois s'est achevé depuis l'Odyssé Zodiac, Vanessa nous raconte son aventure

Vanessa François, retour d'émotions "El Cap à bout de bras"
© Liv Sansoz

Début octobre, Vanessa François, jeune femme paraplégique suite à un accident d'escalade, défie Zodiac avec trois amis (Liv Sansoz, Marion Poitevin et Fabien Dugit). Zodiac est une voir d'artif, de 600 m de haut et 16 longueurs, située  sur la mythique face d’El Capitan dans le Yosemite.

Retour d'émotions sur une Odyssée marquée par la solidarité.

Le 7 octobre, l’odyssée commence

 « A l’ombre de l’immense paroi, j’attends mon tour, j’avoue je n’en mène pas large et en même temps je sens que ce qui se passe est énorme, gonflé de puissance, de générosité. Allez, c’est à mon tour, c’est très fébrilement que je mets en place mon système sur la corde fixe avec une Liv attentive, que je sens fébrile aussi. Première, deuxième traction, c’est parti, timidement mais ça y est. »

Et c’est bien émue et fatiguée que Vanessa arrivera au sommet de la deuxième longueur de la voie Zodiac, pour y passer sa première nuit de l’odyssée sur le portaledge. Un repos bien mérité après ces derniers jours éprouvants: décalage horaire, préparation du matériel, installation des premières longueurs par les co-équipiers, incertitudes face à la météo, et puis, le matin même, une première épreuve pour rejoindre le pied de la voie. Le lendemain pourtant, tout est loin en bas, Vanessa s'immerge dans le paysage, dans la voie, la quête de l'autonomie commence.

« Très vite, je me sens vraiment dedans, je me sens assez loin du sol et des moments de doutes, je peux me laisser aller au seul plaisir d’être  dans cette face superbe.  Comme c’est bon de goûter à la verticale tout en beauté. Une cordée de rêve dans un magnifique océan granitique vide. »

Marion Poitevin, Fabien Dugit et Liv Sansoz sont les compagnons d’aventure de Vanessa dans cette épopée de solidarité. « Ils se sont tous donné à fond du début à la fin et dans une ambiance sereine, très dense. Je crois que chacun sentais que nous vivions un moment rare. »

Il faudra finalement cinq jours aux quatre amis pour aller au bout de cette voie. Pas un moment de tension durant ce périple, et ce malgré les difficultés et impondérables rencontrés, les petits bobos, les vols… « J’étais accompagné par une équipe de choc : Liv et moi arrêtions de grimper vers 17/18H tandis que Marion et Fabien continuaient souvent après la tombée de la nuit. »

Vendredi 11 octobre, l'odyssée touche à sa fin

La cordée se rapproche du sommet, Vanessa sent que la parenthèse Zodiac va bientôt prendre fin.

« Voilà déjà les dernières longueurs…je n’ai pas envie de terminer l’ultime. J’y vais lentement et essaye de me remplir de toutes mes perceptions au maximum, de ralentir le temps. »

Au sommet, pas d’explosion de joie, mais plutôt une ambiance bienveillante, de recueillement et de calme. Les compagnons y passeront la nuit, l’occasion pour chacun de se remplir d’un panorama hors du commun. Samedi matin grâce à quelques amis venus rejoindre le groupe au sommet, la redescente à pied jusqu'au parking ne prendra que quatre heures. 

« Cette descente fut comme l’ascension : un cadeau. Une douce lumière d’automne nous accompagnait. C’était tellement beau… mais ça me ramenait également vers mon fauteuil resté à l’hôtel ». A ses retrouvailles avec ce morne compagnon, Vanessa senti gonfler en elle une vague de tristesse. Si elle poussa les roux doucement au début, la puissance de cette odyssée fraîchement vécue lui permis rapidement de trouver la force de ne pas pleurer plus longtemps, et de se remettre à sourire, comme elle sait si bien le faire.

« De toute cette merveilleuse Odyssée, je ne me suis jamais sentie handicapée lors de cette ascension, je faisais mon maximum et les autres ne m’en demandaient pas plus. J’ai vraiment eu la sensation d’avoir vécu là un moment rare, intense qui va me nourrir pendant un bon moment. Toute l’énergie déployée par mes compagnons de cordée est bien emmagasinée au plus profond de moi.

Un grand merci à la FFME et à tous nos partenaires. »