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Sécurité en randonnéeIntroduction : le terrain montagneLa véritable sécurité, c'est de connaître ses forces et ses faiblesses en fonction d'une randonnée à réaliser avec tous les aléas qu'elle peut comporter. D'autres fiches abordent toutes les précautions qu'il convient d'observer avant d'entreprendre une course en montagne en ce qui concerne :
Tous ces éléments étant bien maîtrisés, il nous faut aborder maintenant le problème de la sécurité dans son aspect pratique. Nous allons considérer pour se faire plusieurs terrains sentiers et terrain facile, rocher, neige et glacier. Sentier et terrain facileUne grosse partie des accidents de montagne a lieu sur les sentiers et en terrain facile. Beaucoup auraient pu être évités avec un peu plus de prudence, d'équipement ou d'entraînement. En effet, tant que le soleil luit et que le sentier est bien tracé rien ne semble pouvoir vous arriver. Pourtant, dès que l'on aborde des reliefs très accidentés (pentes raides, barres rocheuses, ...) ou des altitudes élevées (plus de 2000 m), la facilité n'est pas absente de dangers. Chaque année de nombreux randonneurs et alpinistes sont victimes d'accidents parfois mortels dans ces zones de "terrain moyen" situées entre les forêts et le pied des parois rocheuses ou glaciaires. Si certains de ces accidents sont dus à des dangers objectifs (chutes de pierre, orages ...), beaucoup sont le résultat d'un manque de sécurité (manque de connaissances, de prudence et le fait d'erreurs d'itinéraires). Ci-dessous quelques écueils à éviter et quelques conseils à suivre. La carteLes barres rocheuses sont souvent mal lisibles sur une carte. Vous pouvez être surpris sur le terrain. La montéeUne règle d'or : la régularité de la marche est plus importante que la vitesse. Plus la pente est raide, plus vos pas seront lents. Cadencer régulièrement votre marche et rythmer votre respiration. Au début, la bonne allure vous semblera toujours plus lente que vos capacités ; il sera temps ensuite d'accélérer progressivement. Avec sac, on compte une progression de 300 m de dénivelée à l'heure ; bien entraîné, de 400 à 500 m à l'heure. Si vous n'avez pas de sentier, n'attaquez pas droit dans la pente, mais créez votre propre itinéraire en zigzag. N'oubliez pas également de vous arrêter toutes les heures au moins 5 minutes, sinon toutes les deux heures au moins 1/4 d'heure. Après chaque arrêt, repartez lentement. La descenteVotre position est souple, genoux fléchis, les pieds bien à plat. Ce sont les muscles des cuisses qui vont vous freiner à chaque pas. Sur sentier, vous n'avez pas intérêt à adopter une allure très lente, qui est fatigante pour les jambes, sauf sur terrain peu incliné, mais redoublez d'attention pour l'endroit où vous poserez les pieds. Sur pente d'herbe ou de terre glissante, il est préférable de placer ses chaussures de profil par rapport à la pente, de façon à "prendre des carres" comme à ski. Sur sol mou (éboulis fins, terre fine), quand la pente est raide, se placer face au vide et marcher sur les talons uniquement. Le vertigeLa pente est raide et tout à coup vous n'osez plus ni avancer ni reculer. Vous êtes comme paralysé. Respirez calmement et concentrez-vous sur vos gestes. Regardez l'itinéraire à suivre, assurez-vous de l'endroit où vous posez les pieds, dirigez vos yeux vers le haut plutôt que vers le bas. Dès que vous serez occupés à avancer, le vertige disparaîtra. Ce que vous ressentiez était une peur du vide communément partagée par toute personne peu expérimentée. Les éboulis de pierresEvitez les éboulis de cailloux fins à la montée, car le terrain s'effondre et rend la marche exténuante. Les éboulis de gros blocs, au contraire, sont généralement stables et offrent de bons appuis pour les pieds. A l'inverse, les fins cailloux sont plus agréables à descendre à pas sautés ou glissés. Attention aux chutes de pierres dans les couloirs. Sur les moraines, les pentes sont parfois très raides et le terrain dangereux. Attention aux éboulis finissant sur une barre rocheuse. Aidez-vous de votre piolet ou d'une canne pour assurer votre marche. Les torrentsAttention aux variations de débit entre le matin et le soir. Ne traversez jamais les torrents en utilisant l'arche de neige qui borde la sortie à l'air libre. Evitez de même toute la zone du névé ou du glacier située au-dessus du torrent. Jugez l'exposition du passage. Vérifiez où vous entraînerait une chute dans le torrent. Le débit vous permet-il de garder votre équilibre, à l'aide d'un bâton ? Se délester du sac et vous le faire passer si vous êtes à plusieurs. Le rocherLes parois rocheuses, courtes et raides, comprises entre deux zones moins raides, ou surplombant un fond de vallée, constituent un réel danger. Il ne faut les franchir qu'en suivant fidèlement un sentier ou un balisage. Par temps de pluie, le rocher devient extrêmement glissant. Un conseil : descendre est beaucoup plus difficile et impressionnant que monter. Ne jamais s'engager dans un passage rocheux sans s'être assuré que ses pas sont réversibles et sans avoir observé l'itinéraire dans tout son ensemble. Si vous avez à franchir quelques mètres de rocher raide, vérifiez la solidité du rocher à chaque pas et à chaque prise de main ; conservez une position bien équilibrée sur les pieds et gardez trois points d'appui à la fois (deux pieds - une main ou deux mains - un pied) quand vous faites un mouvement d'escalade. La neigeLa neige est un matériau "vivant", matériau solide très particulier, dont les qualités et les propriétés peuvent considérablement varier en fonction des conditions météorologiques et de sa composition même. Elle s'élabore dans les nuages par des températures négatives très basses. Les scientifiques ont dénombré plusieurs centaines de cristaux différents, répertoriés et classifiés. La neige tombe le plus fréquemment sous forme d'étoiles qui, au cours de leur chute dans l'atmosphère, s'enchevêtrent en flocons. Ensuite différents cas peuvent se présenter :La métamorphose d'isothermie ou de faible gradientLes particules de neige desagrégées par la métamorphose destructive s'arrondissent. Elles se rapprochent, se soudent les unes aux autres (frittage). La couche devient de plus en plus solide. La métamorphose de gradientUne période de beau temps froid et sec succède à une chute de neige. La température de la neige s'aligne sur celle de l'air ambiant. Les deux premiers jours un tassement s'opère à la suite de la métamorphose destructive. La neige devient "poudreuse" sans cohésion. Puis le tassement se ralentit. Cette neige est sèche, sans consistance. Enfouie sous de nouvelles couches, elle sert de plan de glissement à une éventuelle avalanche. Elle va rester dangereuse jusqu'à la fonte. La métamorphose de fonteEnfin la dernière transformation communément observée l'hiver aux altitudes basses, ou plus hautes par suite d'un redoux sensible ou, plus tard dans la saison avec le réchauffement printanier, s'opère la métamorphose de fonte. Les avalanchesUne avalanche est une "masse de neige qui se détache et dévale le versant d'une montagne" nous dit le Larousse de la langue française. Plus précisément, une avalanche pourrait se définir comme une rupture d'équilibre dans le manteau neigeux, entraînant le glissement à une certaine vitesse de masses de neige plus ou moins importantes. Le mot vient d'ailleurs du latin "labis", "lapsus" qui expriment une idée de chute, d'effondrement. Les avalanches sont un phénomène naturel complexe et aujourd'hui encore mal maîtrisé. Cependant au fil des siècles et surtout depuis l'avènement du ski , sport de masse, leur nature a quelque peu évolué. Les types d'avalancheOn en distingue trois grands types d'avalanche(voir schéma ci-après). Les avalanches de neige pulvérulenteEn début d'hiver les avalanches de neige pulvérulente se produisent par temps très froid à la suite d'importantes chutes d'une neige très légère, froide, qui ne s'est pas encore tassée. Les cristaux en étoile s'y enchevêtrant, cette neige arrive à tenir sur des pentes raides (dépassant les 80 degrés) par cohésion de feutrage. Mais cet état d'équilibre est instable : la moindre perturbation ou simplement l'alourdissement par la neige qui continue de tomber suffit à déclencher le glissement. Il peut ne s'agir que d'une coulée de poudreuse ne dépassant pas 60 à 80 km/h. Comme ces vitesses ne permettent pas le brassage de l'air et de la neige, ce n'est qu'une simple vague d'une poudre très fine et très froide qui peut tuer, en le congelant ou en lui noyant les poumons, la personne qu'elle submerge. Les avalanches de plaqueIl y a risque d'avalanches de plaque quand une neige à forte cohésion (neige frittée ou plaque à vent) repose sur une mauvaise sous-couche qui ne lui assure pas un ancrage suffisant au sol et constitue pour elle un plan de rupture et de glissement. La configuration du terrain joue un rôle capital et les ruptures se produisent généralement sur les convexités du relief où la neige est soumise à des efforts de traction auxquels elle résiste mal. L'un des plus spectaculaires de ces départs de plaque est dû à cette redoutable neige à cristaux en gobelets qui peut constituer en profondeur une couche de neige coulante prête à se briser au moindre choc. La surcharge d'une nouvelle chute, le simple passage d'un skieur, par son effet de tassement, effondre en un point cette couche friable. Comme la rigidité mécanique de la plaque permet la propagation instantanée du choc initial, l'affaissement se répercute instantanément dans toute la couche et, avec un grondement sourd, c'est tout un versant qui s'écroule. La plaque entière, rompant ses ancrages, décroche, se disloque en tuiles qui se chevauchent et s'ébranle pour aller se fracasser en contrebas. Ce grondement ca-ractéristique est un soupir, celui dû à l'expulsion de l'air sous la couche brusquement effondrée. Les avalanches de neige humideLes avalanches de neige humide sont lourdes et puissantes, mais peu meurtrières car on sait bien les prévoir. Elles se déclenchent au printemps ou en hiver après un redoux, quand la neige altérée ne réfléchit plus qu'en partie le rayonnement solaire et que, imprégnée d'eau de fonte, elle a tendance à perdre toute cohérence, alors que ses attaches au sol s'amollissent. La glaceLa transformation de la neige en glace suppose une phase de névéification, phénomène qui ne peut se produire que dans la zone d'alimentation des glaciers, soit au-dessus de 2.800 m environ. La glace est imperméable. Mais elle peut apparaître également à une certaine altitude en fin de saison dans des couloirs où le névé en réduisant et par suite de dégel diurne et gel nocturne se transforme en plaques de glace. Quelques conseils a suivre au cours de la randonnéeLe sentier ou l'itinéraire peut être recouvert par une longue pente de neige. Tout d'abord, estimez l'exposition :
Pour marcher dans la neige : si elle est trop dure pour que vos chaussures mordent et soient bien calées et si la pente est un peu inclinée, il est nécessaire de tailler des marches avec un piolet. Si de surplus la pente est raide, en-cordez-vous. Quand la neige est molle, elle est plus rassurante, mais risque également de partir avec vous. En cas de glissade, se retourner face à la pente et planter son piolet et tapez énergiquement les pieds dans la neige. Le moment dans la journée est important pour calculer les risques possibles. ils varient selon le temps bon ou mauvais, soleil, pluie ou vent, enfin brouillard. Un refroidissement est toujours à craindre : trois facteurs doivent être pris en considération : le vent, le manque de nourriture et la déshydratation. Le brouillard est encore un élément de danger. S'il vous surprend, il faudra naviguer "aux instruments" ou attendre le retour de la clarté. Si vous êtes perdus, sans aucun point de repère, choisir plutôt d'attendre ou de bivouaquer plutôt que de ne pas voir une barre rocheuse. Ou bien attendez les brèves déchirures qui se produisent généralement et repérez ainsi le début de votre descente. Soyez extrêmement méfiants avec les terrains mouillés. Tout devient "savonné" : dalles de rochers, surtout lorsqu'elles sont recouvertes de petits lichens, herbe, terre ... L'humidité : diminue la température de 30 °% de sa valeur réelle, aussi protégez-vous tout de suite contre l'humidité. |
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© FFME 10/00
OMt - 15/10/00