Caissons hyperbares portables
Commission médicale de l'UIAA (Instructions
officielles. Vol 8)
Les caissons hyperbares portables ont été conçus
pour traiter le Mal Aigu des Montagnes (MAM), les oedèmes
pulmonaires liés à l'altitude (OPHA) et les oedèmes
cérébraux liés à l'altitude (OCHA).
Ils sont fabriqués à partir de matériaux
légers et se gonflent à l'aide d'une pompe à
main ou à pied pour mettre le caisson en pression et simuler
une descente de 1500 à 2500 m de dénivelée.

Principes :
La prévention du MAM par une acclimatation adaptée
est toujours beaucoup plus efficace qu'un traitement par caisson
hyperbare.
Le caisson hyperbare n'est pas adapté pour un traitement
préventif ou curatif du MAM léger car il empêche
ou retarde l'acclimatation.
Il a été démontré que l'utilisation
d'un caisson hyperbare soulage les symptômes du MAM de l'OPHA
et de l'OCHA sévères pendant une certaine durée.
L'ordre de priorité des mesures d'intervention en cas de
MAM / OPHA / OCHA sévères est en principe toujours
le suivant :
- Descente / Evacuation
- Oxygène / Médicaments
- Caisson hyperbare
Le traitement par caisson hyperbare ne doit être utilisé
qu'en cas d'urgence et ne peut remplacer une descente ou une évacuation.
Il améliore l'état du patient pendant un certain
temps et il est essentiel de tenter une descente ou une évacuation.
Afin d'éviter une rechute d' un OPHA sévère
à la sortie du caisson, le patient doit observer le repos.
Même des déplacements sur de courtes distances sont
à éviter sauf pour commencer la descente.
Le traitement par caisson hyperbare doit être administré
en combinaison avec des médicaments spécifiques
anti-inflammatoires (Célestène ®) pour les MAM
/ OCHA sévères Nifedipine( Adalate®) pour les
OPHA. Le traitement par recompression en caisson hyperbare apporte
une amélioration dans un délai de 60 à 90
minutes.
Si au-delà de 2 heures aucun résultat n'est visible,
des complications du MAM ou des effets secondaires sont à
envisager : thrombo-embolie, hypothermie, déshydratation
sévère, infection...
Le traitement par oxygène et médicamenteux est généralement
adopté dans tous les cas d'OPHA et d'OCHA sévère
(avec perte de conscience). Si le nombre de bouteilles d'oxygène
est toujours limité, à l'inverse, la durée
d'utilisation du caisson hyperbare n'a de limite que dans les
moyens physiques pour actionner la pompe.
Dans les cas extrêmes, il est recommandé de faire
respirer de l'oxygène pendant le traitement par caisson
hyperbare portable. L'apport d'oxygène dans le caisson
à raison de 4-6 l/min à l'aide d'une bouteille située
dans le caisson améliore l'état du patient. Le caisson
hyperbare ne présente aucun danger d'incendie ou d'explosion.
On considère que le caisson hyperbare fait partie de l'équipement
obligatoire au moins pour chaque séjour en haute altitude
proposé par un organisme commercial et ce pour des raisons
légales. Aucune obligation n'a cependant été
formulée à ce sujet et aucun procès n'a été
intenté.
Il est particulièrement recommandé d'emporter un
caisson hyperbare pour des lieux isolés n'offrant pas de
possibilité de descente rapide.
Seules les personnes entraînées peuvent traiter un
patient par caisson hyperbare. Il est impératif d'en connaître
le mode d'emploi avant de partir en haute altitude. La cassette
video de CERTEC est disponible sur le marché. Une démonstration
et des exercices devraient être pratiqués par tous
les membres du groupe et de façon systématique avant
chaque ascension.
La limite d'utilisation du caisson hyperbare se situe aux alentours
de 7000 m car au-delà de cette altitude, son maniement
impose une grande dépense d 'énergie. Il est alors
préférable de traiter par oxygène et médicaments.
En cas de doute, il n'y a pas de contre-indication au traitement
par caisson hyperbare, mis à part l'arrêt cardiaque.
Un patient inconscient peut aussi être traité par
caisson hyperbare si la position de son corps le permet.
Modèles de caissons hyperbares portables
Le sac GAMOW : ce premier modèle est cylindrique
(2,5 X 0.6 m) et gonflable par pompage. Il faut 12 coups de pompe/
min pour maintenir une pression interne de 104 mmHg (139 mbar)
et pour empêcher la formation de CO2. Poids : 6,5 kg.
Le sac CERTEC : Conique, 2,2 X 0,65 m. Il faut 8 coups de pompe
à la main /min pour maintenir une pression interne de 165
mmHg (220 mbar) et pour empêcher la formation de CO2. Poids
: 4,8 kg ( a ce jour il existe 3 modèles
de caisson Certec selon l'altitude et l'objectif du trekking
ou de l'expédition).
Le sac PAC (PORTABLE ALTITUDE CHAMBER) : en forme de momie, comparable
au sac GAMOW . Une fermeture éclair radiale à la
tête permet un accès plus facile. Absence de manomètre.
Mode de pompage et pression comparables à ceux du sac GAMOW.
En Europe, le sac CERTEC est plus répandu que le sac GAMOW
car sa pression maximale est plus élevée. Le sac
CERTEC donne une pression de 165 mmHg contre 104 mmHg pour le
Gamow, ce qui équivaut à un gain de 800 m en simulation
de descente. Le sac CERTEC offre l'avantage d'un poids plus léger
(6,5 kg contre 4,8 kg), d'une installation plus facile dans le
caisson et pour les utilisateurs Européens, un avantage
financier non négligeable.
Mode d'emploi
Il faut isoler le caisson du sol par des vêtements
ou des sacs à dos. Le patient doit uriner et déféquer
avant d'entrer dans le caisson. Lors du gonflage, il faut lui
dire de respirer normalement et de " déboucher "
ses oreilles en avalant la salive. Si le caisson se dégonfle
brusquement, le sujet doit expirer. Pendant la durée de
recompression dans le caisson, le patient doit être isolé
du froid dans un sac de couchage et entouré de couvertures.
Par temps ensoleillé et chaud, la chaleur dans le caisson
peut devenir rapidement très pénible.
Le protocole classique consiste à glisser le patient dans
le caisson, à pomper jusqu'à l'ouverture des valves
de sécurité et à le maintenir sous pression
pendant environ une heure. Il faut continuer à pomper 8
à 12 fois par minute pour insuffler de l'air frais à
l'intérieur et empêcher l' accumulation de CO2. Psychologiquement,
il est très important de parler et de rassurer le malade
lorsqu'il est dans le caisson. Au bout d'une heure, le patient
est retiré du caisson et examiné. Des séances
de recompression doivent être renouvelées jusqu'à
ce que l'état clinique du patient s'améliore et
que ce dernier puisse descendre de façon autonome.
Les patients atteints d'OPHA supportent mal la position allongée.
Le fait d'installer le caisson sur une pente ou sur une surface
plane en maintenant une inclinaison de 30° permet de résoudre
cette difficulté.
Résultats du traitement
Un certain nombre d'études non contrôlées
ont fait état d'une amélioration rapide et durable
des symptômes. Le traitement sous contrôle de sujets
souffrant de MAM modéré à grave pendant une
heure à 4 559 m a permis une amélioration immédiate
des symptômes. Cependant, en restant à la même
altitude, les mêmes symptômes sont réapparus
dans les 12 heures qui ont suivi. Dans une autre étude,
un traitement prolongé de 3 heures a également supprimé
les symptômes du MAM qui sont réapparus au bout de
12 heures. Il n'existe pas d'étude contrôllée
du traitement par caisson hyperbare chez les patients atteints
d'OPHA.
Problèmes liés au caisson hyperbare
La formation de CO2 si le débit d'air est
inférieur à 40 l / min peut éventuellement
conduire à une intoxication au CO2.
Angoisse et claustrophobie
Nausées dans le caisson
Les sujets atteints d'OPHA peuvent ne pas supporter la position
allongée.
En altitude, l'action de pomper exige un effort important pour
maintenir la pression et un débit d'air suffisant.
Risque de fuite d'air par la fermeture éclair et les valves
si le caisson n'est pas conditionné et manipulé
correctement.
P.BAERTSCH, F.BERGHOLD, JP. HERRY, O.OELZ
traduction Dr J. Pierre HERRY
Pour en savoir plus - contact :
CERTEC - 69210 Sourcieux les mines: e-mail : certec1@wanadoo.fr
Tel : (33) 474 703 982 - Fax: (33) 474 703 766
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