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L'entraînement en altitude améliore-t-il la performance physique, en altitude et au niveau de la mer ?

Paul Robach, Jean-Pierre Herry, Jean-Paul Richalet

L'exposition à la moyenne altitude induit une baisse de la consommation maximale d'O2 (VO2max). En revanche, la performance anaérobie est bien préservée dans cette condition. Parmi les mécanismes d'acclimatation à l'altitude, la stimulation de l'érythropoïése (EPO) permet d'augmenter la capacité de transport de l'O2 dans le sang. Ce processus, qui peut subsister quelques temps après un entraînement en altitude, est susceptible d'améliorer temporairement ( VO2max) lors du retour en plaine. Toutefois, les études scientifiques n'ont pas prouvÈ que ce procédé était efficace. Ceci peut venir du fait que l'intensité d'entraînement doit Ítre diminuée en altitude, du fait de la baisse de O2max. D'autre part, tous les athlètes ne tolérent pas bien ce type de préparation physique. Récemment, une alternative intéressante à été proposée, consistant à vivre en altitude et s'entraîner en plaine. Plusieurs études ont montré que ce procédé, supérieur à l'entraînement continu en altitude, permet d'améliorer la VO2max, surtout l'endurance max ainsi que la performance dans les disciplines aérobies.

Entraînement en altitude

Depuis plusieurs décennies, l'entraînement en altitude est fréquemment utilisé par les athlètes d'endurance. Cette méthode de préparation physique, qui consiste à séjourner et s'entraîner plusieurs semaines en moyenne altitude (2000-2800 m), vise à améliorer temporairement la performance aérobie lors du retour au niveau de la mer.

Le bénéfice potentiel de cette technique repose sur le fait que l'exposition prolongée à l'hypoxie d'altitude induit une polyglobulie, qui augmente la capacité de transport de l'oxygène dans le sang. Dans la mesure où la masse totale de globules rouges représente un facteur déterminant du transport maximal d'oxygène (Kanstrup & Ekblom, 1984), et donc de la performance aérobie, les modifications physiologiques associées à un entraînement en altitude sont susceptibles d'avoir des répercussions intéressantes sur la performance.

Néanmoins, plusieurs études contrôlées indiquent que l'entraînement en altitude n'améliore pas la performance des athlètes de haut-niveau (Berglund, 1992; Gore & al., 1998; Svedenhag & al., 1997), alors que ce procdé peut s'avèrer efficace chez des sujets entraînés (Burtscher & al., 1996).

Plusieurs raisons permettent d'expliquer ces observations. D'une part, la consommation maximale d'oxygène ( O2max), qui est un bon indicateur de la performance aérobie, est diminuée mÍme pour des altitudes modestes, et cette baisse est plus prononcée chez l'athlète d'endurance (Gore & al., 1996) que chez des individus moyennement entraînés. De ce fait, il est très difficile de respecter - en particulier pour l'athlète d'endurance - une charge d'entraînement optimale au cours d'un stage en altitude (risque de dÈsentraînement ou de surentraînement). D'autre part, il est probable que, pour des sujets moyennement entraînés, le bénéfice consécutif à un stage d'entraînement en altitude soit simplement dû au stimulus entraînement, et non à l'exposition à l'altitude. En revanche, chez des athlètes dont la performance aÈrobie plafonne de par le volume d'entraînement, les effets d'un stage en altitude apparaissent très incertains.

Autres procédés visant à améliorer la performance aérobie

L'entraînement en altitude représente une méthode naturelle d'augmentation de la capacité de transport de l'oxygène par le sang. D'autres méthodes, permettant d'augmenter la masse erythrocitaire artificiellement, aboutissent ý un gain de performance significatif. Les deux plus utilisées sont l'autotransfusion et, plus récemment, l'administration d'érythropoïétine (EPO) exogène. Ces techniques, qui présentent des risques non négligeables pour l'organisme, sont interdites par le Comité International Olympique (Sawka & al., 1996).

Vivre en altitude, s'entraîner au niveau de la mer

Cette méthode, développée récemment par une équipe scientifique américaine, consiste à faire bénéficier le sportif à la fois d'une stimulation de l'érythropoïése associée à l'acclimatation à l'altitude, et de conditions d'entraînement normales. Une étude récemment publiée a montré l'intérêt de ce concept de "vivre en haut - s'entraîner en bas", en terme de performance aérobie, chez des sportifs de bon niveau (Levine & al., 1997).

Il est important de souligner qu'à l'heure actuelle, de nombreux athlètes d'endurance ont recours à ce procédé, en utilisant soit l'altitude réelle en montagne, soit des caissons hypobares, soit des chambres hypoxiques (les trois techniques sont équivalentes sur le plan physiologique). Quelque soit la technique utilisée, ce concept semble faire ses preuves dans le domaine du sport de haut niveau en endurance. Toutefois, il n'existe pas de données disponibles concernant une population d'athlètes d'endurance.

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