SECOURS EN MONTAGNE,
un an après.

Courant 2002, un premier dossier sur notre site web fédéral donnait des informations sur ce sujet (http://www.ffme.fr/secours/loi2002.htm).
Qu'en est-il un an après la promulgation de la loi ?

Rappel.

Le 27 février 2002, un amendement voté en catimini étendait à l'ensemble des activités sportives et de loisir la possibilité pour les communes de se faire rembourser les frais des secours privés, comme cela était déjà le cas depuis 1987 pour le ski alpin et le ski nordique.

Comme souvent, c'est par une réglementation générale que l'on cherchait à régler quelques cas particuliers : le secours des 6 spéléologues du gouffre Berger en 1996 et celui des 3 randonneurs égarés de Pralognan en 1999.

Le sacro-saint principe de la gratuité des secours qui datait d'une ordonnance royale du 11 mars 1733 avait déjà été écorné par la loi montagne de 1985. A l'aube du XXIe siècle et à l'heure européenne, cette extension confirmait une tendance qui semble inévitable.
Rappelons que l'assurance de la FFME couvre les frais de recherche, de secours et d'évacuation (voir le chapitre " garanties " de la rubrique " assurance " sur notre site web).

Point de situation.

Pour l'instant, la nouvelle mesure semble légère puisqu'elle n'a concerné, semble-t-il, que les 4 randonneurs du Mont Rosset en Tarentaise. En bon gestionnaire, l'assureur de la FFME a provisionné ce risque mais n'a pas prévu de le répercuter sur la prime car, en l'absence de sinistre nous concernant, il n'a aucune raison de le faire.

En voulant protéger les petites communes et en voulant responsabiliser les pratiquants, cette nouvelle loi a ouvert une boîte de Pandore. Les risques d'abus et de dérive existent : appel systématique à des secours privés (comme aussi leur contestation a posteriori, d'ailleurs), évacuation de confort, privatisation rampante du secours. Dans ces cas de figure, les conséquences sur notre prime d'assurance pourraient devenir plus sensibles que les 2 ou 3 euros que l'on pouvait raisonnablement envisager pour couvrir les quelques secours exceptionnels prévisibles.

Les conséquences de cette loi doivent donc être prévues et encadrées par le législateur ou par les pouvoirs publics.

Pour cela, il convient qu'un décret d'application soit élaboré pour définir des limites au champ d'application de la loi, pour éviter la banalisation des secours privés et pour borner les charges financières en les répartissant entre les différents contributeurs.
C'est, semble t-il, l'objet de la concertation qui se met en place : elle n'avait pas eu lieu avant, elle aura donc lieu après. La FFME y tiendra sa place pour préserver les intérêts des pratiquants responsables de ses clubs.

Jean-Paul Peeters
27.03.2003



Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade 

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