Point de situation sur la gratuité des secours - 22 juin 2004

L’article 54 de la loi démocratie de proximité votée le 27 février 2002 introduit la possibilité pour les communes qui engagent des moyens de secours privés de se faire rembourser tout ou partie des frais par les secourus.

Secours en montagne
Les alpinistes, très concernés par le secours en montagne, ont réagi très vite à ce qu’ils considéraient comme une menace au principe universel de la gratuité totale des secours, qui accompagne le principe d’obligation d’assistance à personne en danger.
Un collectif s’est créé et a très vite mené une campagne pour l’abrogation de la loi.
La ffme a été la première à s’élever contre les conséquences de cet article 54. Mais, de par sa position de fédération délégataire, elle a jugé qu’elle n’avait pas vocation à s’opposer aux lois votées. Si elle avait la même analyse sur les risques de dérives que n’aurait pas manqué pas de poser la mise en oeuvre de l’article 54, elle différait sur la solution puisqu’elle a préconisé la promulgation d’un décret encadrant avec précision l’application de la loi plutôt que son abrogation. Cette position, validée en comité directeur puis en assemblée générale, a été élaborée progressivement en début d’année 2003.
Au début de l’été 2003, le préfet Péres a été chargé par le ministre de l’Intérieur de consulter les parties prenantes en vue d’établir un rapport pour le gouvernement.
Il a reçu le président de la ffme le 29 juillet qui lui a exposé la position fédérale.

Secours en tous terrains
Les autres sports de nature, moins au fait de la question, ont mis plus de temps à réagir. Ce n’est qu’à l’automne 2003, pratiquement un an après la promulgation de la loi, et pour répondre à l’enquête du préfet Péres, que les fédérations des sports de nature se sont saisies du sujet et en ont débattu au sein du CNSN (conseil national des sports de nature). Rapidement, la majorité des fédérations s’est ralliée à l’abrogation de la loi. C’est cette position qui a été communiquée au préfet Péres.

Aboutissement du rapport
Le préfet Péres a remis son rapport au ministre de l’Intérieur fin mai 2004.
N’en connaissant pas encore la teneur, mais n’étant plus tenue par l’obligation de réserve, la ffme, par souci de transparence, a rendu publique sa position en l’affichant sur son site web (voir l'entretien avec le préfet Pérès).

Actualité
Le 9 juin 2004, le préfet Péres vient devant le CNSN pour exposer les conclusions de son rapport, lesquelles recommandent au gouvernement l’abrogation.
Le lendemain 10 juin, le président du CNOSF, au nom du mouvement sportif, publie un communiqué appuyant la position du rapport Pérès.
La ffme publie aussitôt ce communiqué (voir le communiqué du CNOSF).
Le 15 juin, le Sénat commence l’examen du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile. Ce nouveau texte, qui présente par ailleurs des évolutions sérieuses dans l’organisation des secours, pourrait permettre l’abrogation de l’article 54.

Conclusion
La ffme, membre du CNOSF et du CNSN, se range à l’avis exprimé par le président du CNOSF. Elle a eu la possibilité d’expliquer et d’argumenter son point de vue au sein du CNSN. Une proposition plus radicale ayant été votée par la majorité des fédérations, la FFME est bien entendue solidaire de la position officielle du mouvement sportif .


Jean Paul Peeters


 


Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade 

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