Commission du secours en montagne

Mise en sommeil mais pas oubliée, la commission dont je suis aujourd'hui le responsable national a un devoir de mémoire et de reconnaissance envers ceux et celles qui oeuvrent et ont oeuvré pour cette institution.

Le secours en montagne existe depuis que les hommes vont en montagne. Le premier exemple vient des religieux du Grand Saint Bernard avec les légendaires chiens qui partaient à la recherche des égarés perdus le col enneigé…Cela se passait en Moyen-Age, déjà…

Plus près de nous, le secours en montagne est né en même temps que l'alpinisme. Au début, cette initiative fonctionnait avec des montagnards, des alpinistes confirmés, des professionnels recrutés sur place. Il est vrai qu'il y avait quelques inconvénients : problèmes de coordination, de communication ce qui aboutissait souvent à de l'improvisation.

En France, c'est en 1897 que les Sauveteurs volontaires du Salève créent et inventent la première société de secours en montagne. Ils sont montagnards franco-suisses. Une poignée d'hommes qui, avertis dès qu'un accident survient dans les bois, sur les alpages, sur les rochers, iront, toutes affaires cessantes, secourir les victimes.

Il faudra attendre 1947 pour que le secours en montagne soit reconnu et placé sous l'égide d'une fédération sportive. Des sociétés de secours en montagne se créent dans les Alpes, les Pyrénées et le Massif Central pour aboutir aujourd'hui à 22 sociétés réparties sur six massifs. De 1947 à 1957 il y eut un souci de contacts avec nos voisins suisses, italiens et allemands afin d'améliorer le matériel de secours, les méthodes de recherches, les soins, etc…

L'hiver 1957 fut un tournant avec la tragédie du Mont Blanc : Vincendon et Henry, dix jours d'agonie, l'hélicoptère qui s'abime, la récupération des guides, etc… Cette tragédie fit prendre conscience aux pouvoirs publics qu'il fallait désormais reconnaître des sociétés de secours en montagne. Ce sont les préfets qui prendront sous leur autorité les sociétés de secours en montagne structurées. Ces dernières mettront à sa disposition des techniciens et des conseillers techniques qui seront, dans la plupart du temps, des professionnels de la montagne et ce dans le cadre du plan ORSEC.

Depuis, que de chemin parcouru ! Les secours se sont professionnalisés : gendarmes, CRS. et, aujourd'hui, les pompiers. Je tiens à les féliciter, eux qui souvent au péril de leur vie, n'hésitent pas à se lancer, à toute heure du jour ou de la nuit, au secours des autres.

L'hélicoptère, ce merveilleux outil a complètement bouleversé les anciennes méthodes. Toutefois, la médaille son revers, comme l'a écrit Roger Frison-Roche dans la préface du livre " Compagnons de l'Alouette " : " le sauvetage par hélicoptère a donné aux alpinistes … une fausse idée de sécurité : si je ne m'en tire pas, c'est l'hélico qui viendra me chercher !… "

Notre fédération, continue à délivrer la médaille du " Secours en Montagne " et c'est ainsi que nous honorons les sauveteurs méritants des sociétés de secours en montagne.

Jean Louis Aranjo
été 2002

 

 


Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade 

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