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Confidences, Mathéo Jacquemoud et Laetitia Roux

Ski Alpinisme - 26/02/13 à 07:23

Interview croisé de nos deux athlètes, récompensés du titre de Champion(ne) du Monde du combiné 2013

Confidences, Mathéo Jacquemoud et Laetitia Roux
© FFME

La semaine dernière, sur les mondiaux de ski-alpinisme, Mathéo Jacquemoud, encore espoir, décrochait six médailles dont deux titres de champion du monde en sénior, et deux autres en espoir.

Laetitia, quant à elle, s’offrait « le grand schlem », en remportant toutes les courses auxquelles elle a participé, en individuel et en équipe. Avec cinq médailles d’or, elle signe une performance inédite dans le monde du ski-alpinisme.

Félicitations à tous les deux pour cette belle moisson de médailles, que ressent-on quand on est le/la meilleur(e) skieur/euse alpiniste du monde ?

Laetitia : C'est tout d'abord une énorme satisfaction personnelle d'atteindre son objectif car on repense aux heures d'entraînement passées, aux moments difficiles de doute, de solitude, aux sacrifices qu'on a du faire pour en arriver là. J'ai le sentiment d'être allée au bout de moi-même, d'avoir réussi à me donner à fond. Tout ceci me procure un bien-être physique et psychique.

Mathéo : C’est vrai qu’on est satisfait, mais concrètement, pour moi cela ne change rien, je reste le même : un Mathéo simplement heureux d’avoir concrétisé un beau rêve.

Laetitia : Ces victoires, ça renforce la confiance en soi et l'estime de soi qui sont deux valeurs importantes pour vivre en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je ressens c'est une paix intérieure et un immense bonheur.

Pouvez-vous revenir sur cette incroyable semaine ?

Laetitia : Nous avons commencé par la course par équipe. J'étais très motivée et très excitée par cette épreuve, c'était la 1ère fois que j'avais la chance de courir en équipe en championnat. Avec ma coéquipière, Axelle Mollaret, nous étions sur la même longue d'onde. Nous avions les mêmes motivations, la même envie et la même détermination. Et surtout nous avions vraiment envie de courir ensemble. Au-delà de la performance, ce fut une course magnifique sur le plan humain. Nous avons vraiment fait la course ensemble, j'ai senti cette solidarité qui lie par l'esprit deux coéquipières et rend une équipe plus forte.

Mathéo : C’est vrai que pour nous aussi, la course en équipe, avec grand papa ours (alias William Bon Mardion) fut un moment très fort. On avait vraiment l’impression que rien ne pouvait nous arriver, encore moins nous arrêter. Nous avons fait la course sur un nuage, c'était fabuleux...

Laetitia : Puis, nous avons enchainé avec la course individuelle. La course qui m'importait le plus, et bizarrement, c'est celle que j'ai abordée avec le plus de sérénité. Ce fut un jour parfait. Puis les courses se sont enchainées, et se concluaient toutes avec l’or… Lorsque tout se déroule ainsi, on se croirait dans un rêve.

Mathéo : Pour cette course individuelle, j'ai ressenti plus de pression car j'étais vraiment attendu. Mais finalement j’ai tenu bon, etj’ai réussi à passer la ligne d'arrivée en deuxième position, c'était un peu comme une seconde victoire, car je suivais William, qui remporte cette course...  Pour la suite, j’avoue que la Verticale Race a été la course la plus rude, mes sensations étaient moyennes. Enfin, nous avons fini par le Relai, qui est toujours une course super. On a chacun donné le meilleur de nous-même pour accrocher le podium, et décrocher une médaille à quatre, c'est excellent !

Vous attendiez vous à tant de succès ?

Laetitia : Ce parcours sans faute, c’est le challenge que je m'étais fixée, et j'y ai cru! Avec Daniel Mercier, mon entraîneur et sa société Cyclide, nous avons fait attention à tous les détails pour que j'arrive prête sur ces mondiaux. J’étais prête à enchaîner et gagner ces épreuves. De plus, avec mon statut de gendarme, je suis dans des conditions idéales pour m'entraîner, et je suis vraiment tranquille psychologiquement. Sans oublier mon beau début de saison… Je suis donc arrivée confiante à Pelvoux : tous les ingrédients étaient réunis pour que je puisse atteindre mon objectif. Mais rien n'est jamais acquis. Tout peut arriver, d’autant plus lorsqu'il s'agit de courses par équipe, où l’on ne maitrise pas tout.

Mathéo : Comme Laetitia, je m'étais vraiment bien préparé et dans ma tête je n'avais donc aucun doute. Depuis le mois d'octobre, et mon beau début de saison à l’international, je me sentais vraiment capable de réussir. J’étais déterminé et motivé, et ses courses, je les avais déjà faites des dizaines de fois dans ma tête...

Quelle médaille à le plus de valeur à vos yeux ?

Laetitia : La médaille du relais a un caractère sentimental particulier. Nous l'avons gagné à trois, avec Axelle qui est en équipe de France et avec Valentine qui n'en fait pas partie mais qui a toujours été super motivée. Je suis vraiment heureuse pour Valentine qu'on ait décroché cette médaille d'or. Je la dédie Laurent Fabre son mari, qui nous a quitté trop rapidement, mais à qui l'on pense très souvent.

Mathéo : Difficile de choisir entre le titre en équipe, qui symbolise notre belle course avec William, et le titre au combiné, qui récompense ma régularité.

Quelle course a été la plus belle pour toi ?

Laetitia : Cette fois, c’est moi qui hésite entre la course par équipe qui a été incroyablement belle, car ce fut un bonheur partagé et la VR qui a été très difficile du début à la fin. Entre un sentiment de bonheur et un sentiment de souffrance lequel choisir ? L'arrivée de la Verticale Race fut vraiment intense, un excès d'émotions que le corps n'arrive plus à contenir qui vous transporte. Entre souffrance et joie extrême, le corps ne sait plus si rire ou pleurer. Ce moment d'extase restera gravé dans ma mémoire.

Mathéo : Ici, pas de doute, Ma course en équipe avec William fut tellement riche en émotions, et si bien maitrisée. Une course quasi parfaite, dans le décor somptueux des Hautes-Alpes...

Un regret, sur ces Championnats ?

Mathéo : Oui, une petite déception sur la verticale race, de ne pas accrocher le podium. Mais c'est le jeu, les autres ont été plus forts...

Laetitia : Pas de regret, mais un doute, qui concernait le sprint. Le faire ou pas ? J'avais décidé de ne pas le faire, et je suis très heureuse d'avoir tenue ma parole.

Aujourd’hui, comment vous sentez vous ? Etes-vous d’attaque pour le reste de la saison ?

Mathéo : Aujourd'hui je me sens bien, j'ai bien récupéré et je n'attends qu'une chose : repartir en compétition, car la saison est loin d’être finie. On a encore trois épreuves de coupe du monde, et les grandes courses par équipes. Je vais les courir avec William, et j'espère qu’on va se régaler !

Laetitia : Après un tel évènement, tant d’émotions, quand tout retombe, ça fait toujours bizarre. Il suffit de se donner quelques jours et ça va repartir pour les coupes du monde, des grandes courses, et les Jeux mondiaux Militaires qui me motivent particulièrement !  Et pour les années à venir, j'ai encore assez de motivation pour continuer ma carrière de ski-alpinisme.

Le mot de la fin...

Mathéo : Nous remercions les organisateurs et les bénévoles qui nous ont permis de courir ces fantastiques championnats du monde à Pelvoux.

Laetitia : Oui, merci à tous, une victoire à domicile est encore plus forte en émotions. Et tant qu'ambassadrice du Club Elite Hautes-Alpes, j'invite d’ailleurs tous ceux qui ont apprécié notre département à venir faire quelques virages à Réallon ou pour ceux qui préfèrent la chaleur, à venir prendre le soleil au bord du lac de Serre Ponçon.

Equipe de France d'escaladeOLD