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Le Matériel  Les techniques de sondage  Le sondage rapide  Le sondage fin  Sondage large   En cas de touche

Le matériel

A.R.V.A.

Dans le cadre d'une organisation de secours extérieur, toute personne travaillant sur une avalanche doit être munie d'un ARVA en émission.

Pelle

Des pelleteurs sont le complément indispensable d'une vague de sondage. Chaque pelleteur est muni d'une sonde.

Sonde

Plusieurs sortes de sondes existent. Dans l'ordre décroissant d'efficacité, ce sont:

  • Les sondes rigides de 3 à 5 mètres en 1 seul élément.
  • Les sondes dites de "caravane" en éléments vissables de 1 mètre. Elles sont moins performantes car peu rigides et fragiles. De plus en cas de sondage à de grandes profondeurs elles perdent toute précision car elles se courbent.
  • Les sondes individuelles pliantes ou télescopiques. Complément de l'ARVA (et de la pelle) en ski de randonnée ou hors pistes (et toute autre pratique de la montagne enneigée) .
  • Les bâtons de ski aux quels on a retiré la rondelle. On peut même sonder avec un bâton dans chaque main. Il existe des bâtons télescopiques qui, reliés l'un à l'autre, forment une sonde de 2,5 mètres environ. C'est toutefois moins efficace qu'une sonde individuelle.
  • Les talons des skis !

Le sac de balisage

Depuis mai 1992 existe le "sac de balisage avalanche". Ce sac a été mis au point par le P.G.H.M. de Chamonix. Il a été adopté par la Commission Technique Triangulaire du Secours en Montagne (Suisse, Italie, France) et par L'ANENA.

Il permet de baliser une avalanche de façon stricte et standardisée pour tout secours réalisé par des services de secours officiels. Quiconque arrive sur les lieux peut "lire" immédiatement la situation.

Il contient notamment des fanions de différentes couleurs codifiées, en rapport avec chaque détail ou travail effectué.

Les techniques de sondage

Il s'agit de secours organisés.

Le sondage d'une zone est réparti en unités de 15 sondeurs au maximum. Chacune comprend en plus un chef de vague (aux ordres du chef d'opération) et 1 ou 2 pelleteurs munis chacun d'une sonde de rechange.

Généralités

  • Sonder verticalement, sauf exceptions rares, par exemple : dans une pente très forte ; on peut sonder alors perpendiculairement à la pente.
  • Porter des gants solides et chauds.
  • Contrôler souvent les éléments vissés.
  • Ne jamais mélanger les moyens de sondages, par exemple : skis avec sondes. Dans une vague de sondeurs, chacun doit avoir le même matériel.
  • Si l'on sonde seul, être très ordonné.
  • Si l'on sonde à plusieurs, désigner un chef de vague, en la personne la plus expérimentée du groupe. Etre très rigoureux et très ordonné.

Le rôle du chef de vague

  • Il place la vague à l'endroit désigné par le chef d'opération.
  • Il se place de préférence face à la vague pourvoir tout le monde.
  • Il vérifie l'alignement vertical et horizontal. Le plus important étant le respect des espaces entre chacun. Les sondeurs ont toujours tendance à s'éloigner les uns des autres.
  • Il donne des ordres brefs et clairs à haute voie.
  • Il impose le silence et rappelle qu'il ne faut ni fumer, ni manger, ni uriner sur l'avalanche.
  • Il vérifie le travail des jalonneurs;
  • Il rend compte immédiatement au chef d'opération en cas de trouvaille ou de doute.

Le sondage rapide (ou large)

C'est le moyen de sondage que l'on privilégie car c'est le plus rapide et il laisse encore l'espoir de retrouver une victime vivante.

Les chances de retrouver une victime sont approximativement:

  • de 95 % corps à plat
  • de 75 % corps allongé sur le côté
  •  de 20 %-vertical (ce qui est rare).

Rendement

Le rendement pour 15 sondeurs est de 1 hectare / heure environ.

Procédure :

Le chef de vague fait aligner les sondeurs épaule contre épaule.

Les sondeurs des extrémités ont aussi pour mission de jalonner (jalonnettes rouges du sac de balisage) en plaçant une jalonnette tous les 6 trous (soit un espacement de 4 mètres environ).

On donne un coup de sonde tous les 70 cm entre les pieds (fig 10).

La profondeur est limitée: généralement 2 mètres.

Au commandement "EN AVANT", chacun avance.

En début de manoeuvre, on peut donner l'ordre "SONDEZ". Par la suite, chacun sonde dès qu'il a avancé, après l'ordre "EN AVANT".

Chacun sonde à son rythme sans chercher à rattraper les voisins !

Quand il a fini, le sondeur pointe sa sonde sur le point suivant (à 70 cm) et l'appuie sur l'épaule en attendant l'ordre de continuer.

Le chef de vague peut ainsi vérifier l'alignement et constater que chacun a bien fini dès que la sonde repose en biais sur l'épaule.

Le sondage fin (ou minutieux)

Il est réalisé lorsque tous les autres moyens se sont avérés vains. Il permet de retrouver une victime à coup sûr, mais bien souvent décédée.

Rendement

Le rendement pour 15 sondeurs est de 1 ha / 20 heures environ.

Procédure

Le chef de vague fait aligner les sondeurs épaule contre épaule.

  • un coup tous les 25 cm, soit un coup entre les pied puis à gauche et à droite (Fig 11),
  • profondeur maximum (toutes les sondes doivent donc être de longueur égale),
  • commandement: "EN AVANT" ("SONDEZ"),
  • chacun sonde à son rythme en commençant par le milieu, puis à la pointe de chaque pied,
  • chacun pointe sa sonde dans le trou suivant (central) dès qu'il a fini et garde la sonde en biais contre l'épaule,
  • les sondeurs des extrémités placent une jalonnette rouge tous les 6 trous (soit un espacement de 1,50 m environ).

Dans le cas d'un sondage fin, si le sol n'a pas été atteint il faut enlever la couche de neige déjà sondée. Ceci implique un gros travail de déblaiement.

Sondage large croisé

Dans certains cas pour gagner du temps, il peut être intéressant, car plus rapide, d'effectuer un sondage large "croisé"-; c'est à dire en travers du premier sondage large. Ce système est presque aussi efficace qu'un sondage fin, mais pas fiable à 100 % (fig 12).

En cas de "touche"

Lorsqu'un sondeur sent une résistance, le chef de vague (en principe plus expérimenté) vient vérifier. la sonde est laissée en place.

un pelleteur donne une sonde de remplacement et la vague continue son travail jusqu'au dégagement de toutes les victimes.

Les pelleteurs dégagent la neige en commençant en aval à une distance à peu près égale à la profondeur de la "touche".

L'équipe de ranimation se tient prête à intervenir.

BIBLIOGRAPHIE

Guide pratique sur les avalanches par Bruno Salm. Ed. Club Alpin Suisse, 1983.
Le risque d'avalanche par Werner Münter. Ed. Club Al pin Suisse, 1992.
Ski et sécurité par François Valla. Ed; Glénat, 1991.
The avalanche handbook par David Mc Clung et Peter Schaerer. Ed. The Mountaineers, 1993.


Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade

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DHt - 15/10/00