|
La progression en via ferrata pourrait sembler très simple pour qui sait monter une échelle. Cependant, quelques règles de sécurité sont à respecter pour éviter une chute ou pour réduire la dangerosité de celle-ci.
Les éléments de progression
En plus du rocher (parfois taillé), le ferratiste a à sa disposition toute une panoplie d'objets métalliques ou en bois : passerelle, pont de singe, échelle... Les éléments les plus usités restent la marche métallique et le barreau, directement fixés dans le rocher.
En règle générale, le câble sert uniquement à l'assurage. Cependant, on pourra l'empoigner à pleines mains pour surmonter un passage où les éléments de progression seraient trop éloignés.
L'assurage :
L'auto-assurage
C'est l'assurage de base utilisé en via ferrata. Chaque ferratiste est équipé d'une longe spécifique et s'en sert pour auto-assurer sa progression.
A chaque ancrage, faire passer les brins un à un. Ainsi, le ferratiste reste en permanence attaché à la ligne de vie par au moins un brin de longe.
Le principe est simple mais il faut respecter quelques règles :
- avant chaque démousquetonnage, jeter un coup d'oeil sur l'autre brin pour vérifier qu'il est bien sur le câble !
- un seul ferratiste par tronçon de câble. C'est plus agréable et en cas de chute, cela évite d'entraîner la personne qui est dessous.
- veiller à ne pas emmêler ou toronner les brins de la longe. Bien laisser la corde de freinage dégagée.
- passer les longes au-dessus des fractionnements ou sur un barreau dès que possible. La hauteur d'une chute potentielle sera ainsi limitée. De même, dans un passage délicat, ne pas hésiter à mettre une de ses longes sur les échelles.
- il est préférable de mousquetonner par dessous (le doit du mousqueton doit sortir vers vous).
- pour les longes n'imposant pas le mousquetonnage permanent des deux brins, il est conseillé de passer le brin libre par dessus son coude. Cela évite de voir la longe se coincer dans le câble ou dans un barreau. De plus elle est plus rapidement accessible.

Rappel : Pour les longes en V et en dehors du passage des ancrages, les deux brins ne doivent pas être mousquetonés simultanément.
Sur les longes en Y, en fonction des mousquetons utilisés, il est nécessaire - ou non - de mousquetonner les 2 brins de la longe.
BIEN LIRE ET APPLIQUER LE MODE D'EMPLOI DE CHAQUE MATERIEL
Progression simultanée et encordée
C'est la technique qui permet la meilleure parade face à une chute. Aussi, c'est le mode d'assurage conseillé aux novices, mais aussi aux enfants et aux ferratistes peu entraînés.
Après s'être encordé avec les autres membres du groupe, le leader progresse en passant systématiquement sa corde dans les queues de cochon prévues à cet effet. En l'absence de queue de cochon, il faut prévoir un assortiment suffisant de mousquetons afin de placer ceux-ci régulièrement sur les barreaux ou sur les ancrages du câble.
Les autres membres de la cordée enlèvent puis remettent tour à tour la corde dans la queue de cochon, tout en continuant à s'auto-assurer avec leurs longes.
La vitesse de progression de la cordée est donnée par le rythme de la personne la plus lente, en veillant à garder la corde tendue. Si la corde n'est pas assez tendue, l'encordement perd son efficacité : une chute n'est plus enrayée correctement. Toutefois, une corde trop tendue gène la progression en empêchant les ferratistes d'enlever la corde de la queue de cochon. Le leader doit donc surveiller attentivement ses seconds.
Le leader de la cordée doit avoir de bonnes connaissances dans les techniques d'assurage en escalade et être en bonne forme physique. Il s'encorde directement devant la personne la plus faible du groupe (voir l'utilisation de la corde en via ferrata).
N'oubliez pas que la formation est le meilleur gage de sécurité.
Si l'encordement reste la meilleure parade face à une chute dans les sections verticales, cette technique ne remplace pas l'auto-assurage, en particulier dans les traversées.
Passages délictats
Devant un passage délicat (surplomb par exemple), la cordée s'arrête. Le leader vérifie qu'il a assez de corde pour franchir entièrement la difficulté sans que le second n'ai à partir (allonger la distance d'encordement si nécessaire). Après avoir franchi le passage difficile, il s'arrête, se vache correctement et assure directement le reste de la cordée avec un système d'assurage : demi-cabestan réalisé sur queue de cochon ou sur un mousqueton, plaquette, gri-gri, shunt etc...
Economiser ses forces
La petite vache
En plus de la double longe, une vache courte peu s'avérer très intéressante. D'une longueur de 20 à 40 cm, cette dégaine ou cette cordelette permet de se vacher très facilement à un barreau et de s'assoir immédiatement dans son baudrier. La double longe est souvent trop longue pour permettre ce geste sans se fatiguer, surtout au moment de repartir !
Dans les passages les plus raides, cette petite vache permet de libérer ses deux mains pour les manoeuvres sur la ligne de vie. Il est aussi possible de progresser d'échelon à échelon, c'est moins fatiguant et plus sûr !
Se décoller de la paroi
Rester au maximum bras tendu, le bassin dégagé de la paroi. Cela évite une rapide tétanie des avant-bras !
Les ponts de singe
Le passage de ces ponts est souvent impressionnant. Les pieds doivent se contenter d'un simple câble pour tout plancher. Cet équipement diffère du pont népalais par la position des bras. Le câble médian est la ligne de vie sur lequel on se longe, ne reste qu'un seul câble pour les bras.
Il faut donc progresser en "crabe", c'est à dire le corps perpendiculaire aux câbles. En se pendant légèrement à arrière et en tendant ses bras, on limite à la fois le mouvement de pendule des câbles et une fatigue trop rapide des bras.
Pour limiter les balancements du pont, il est recommandé de ne pas s'engager à plus de 2 personnes dessus.
Le pont népalais
Son franchissement est plus aisé que celui du pont de singe. Ici, si les pieds doivent encore se contenter d'un simple câble, la progression se fait tout de même de face grâce à la présence de deux câbles pour les mains. Situés de part et d'autre, ils permettent de garder correctement son équilibre. La longe est placée sur une ligne de vie indépendante.
La passerelle
Pas de secret ! Juste veiller à bien s'attacher à la ligne de vie.
|