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Un peu d'histoire

On fait souvent remonter la naissance des vie-ferrate aux constructions militaires de la première guerre mondiale (1914-1918).
La réalité historique est un peu différente.

Faciliter l'accès au sommet

Si l'on met de coté les échelles posées par le Capitaine Antoine De Ville et ses compagnons en 1492 au Mont Aiguille, l'origine des via-ferrate remonte à la seconde moitié du XIXème siècle. Pour sécuriser certaines voies normales, on creuse des marches, pose des barreaux et laisse des cordes ou des câbles fixés (Hoher Dachstein en 1843, Groosglockner en 1869). Nouvelle étape à Dent du Géant qui est, dès sa première ascension, équipée par les Maquignaz en 4 jours de 1892.
Dès lors, quelques bouts de câbles sont posés ici ou là pour faciliter un passage particulièrement plus difficile ou plus impressionnant que le reste de l'itinéraire (Cervin, ou plus tard à la traversée de la Meije...).
La première génération de "via-ferrata" est ainsi marquée par la volonté de faciliter l'accès à un sommet.

Des "voies de fer" stratégiques

La première Guerre Mondiale (1914-1918) voit la construction de nombreux cheminement aériens aménagés dans le flanc de parois souvent verticales. Créés à des fins stratégiques peu avant et pendant la guerre dans les Dolomites, ils jalonnent la frontière Italo-Autrichienne. Ces itinéraires d'accès à des points hauts ou encaissés sont équipés de câbles d'échelles et de barreaux, des ponts sont installés, des tunnels sont même creusés. Il s'agit alors de créer de véritable voies d'accès, des voies en fer : les Vie Ferrate (au singulier : une via-ferrata).
Après guerre, ce patrimoine militaire est valorisé par les Clubs Alpins Autrichien et surtout Italien. C'est la deuxième génération de vie-ferrate.

Des itinéraires touristiques puis sportifs

Revenons un peu en arrière. Dès 1903, un accès à la Punta di Penià à la Marmolada est équipé sur l'arête Ouest. L'accès par le Nord est pourtant plus facile. C'est peut-être là la première via-ferrata à vocation touristique...
Il faut pourtant attendre 1966 pour voir se construire un nouvel itinéraire de ce type, à la Civetta.
En 1982, une nouvelle étape est franchie à la Cima Garzolet. L'itinéraire, en moyenne montagne à clairement une vocation sportive. Ce genre de via-ferrata va ensuite connaître un développement extraordinaire de la fin des années 80 à nos jours, en France en particulier.

Les vie-ferrate à la française, l'avenir de la pratique ?

En 1988, à Freissinières est construite la première via-ferrata fançaise au sens moderne du terme. Quatre ans plus tard, en 1992, on en trouve six, dont cinq dans le Briançonnais. Début 2000 plus de 70 itinéraires sont équipés. Si le nombre de via-ferrata augmente, c'est que les pratiquants répondent présents. Le matériel évolue aussi, les itinéraires se diversifient... A l'encontre des pratiques traditionnelles des sports de montagne (mais comme plusieurs activités émergentes dans les années 80/90), il n'est plus nécessaire de passer par le "sommet". La pratique évolue rapidement; les parcours sont de plus en plus spectaculaires, vertigineux, et sportifs. Ponts de singes, passerelles de plus en plus longues, passage de surplombs, les constructeurs redoublent d'ingéniosité pour "faire le spectacle" et attirer ainsi le plus grand nombre. En effet la via-ferrata, presque toujours financée par une collectivité locale, a pour vocation le développement d'un tourisme-sportif (ou tourisme-aventure). L'objectif et de revaloriser la commune ou de redynamiser l'économie estivale, souvent défaillante dans les stations de sports d'hiver.

Cette "course en avant" à l'équipement devrait cependant ralentir devant le risque d'accident. Si le nombre de vie-ferrate ne va pas cesser d'augmenter dans les années qui viennent, la tendance des derniers équipements ouverts fait plutôt la part belle à la mise en valeur d'un site naturel (cascades, cadre géologique...) ou d'un patrimoine historique (La Grave, Grenoble...). Bref, les pratiquants ont encore de belles voies à découvrir...

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