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Actualités Divers - 22/09/15 à 11:29

Le Rhône devient cette année le premier département français en nombre de licenciés. Récit de cette belle évolution par Bastien Delattre (CD69)

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© FFME

Ce n'est pas l'altitude du Mont Blanc après les récents éboulements du massif. Rien à voir avec le record de prises en résine vissées par un salarié du Comité Départemental en 2 jours. Ce n'est pas non plus le nombre de spectateurs des coupes de France à Arnas. On pourrait penser au nombre de kilomètres verticaux gravis par l'équipe départementale d'escalade dans les gorges du Verdon cet été. Rien de tout cela. C'est juste un chiffre, dans un tableau. Ce tableau que l'on regarde à la fin de la saison et qui indique le nombre de licenciés par Comité Départemental.

4 448. Une belle progression ! Lors de mon embauche au CD69 on fêtait le cap des 3 000 licenciés. Caroline, en inscrivant ses jumeaux à peine nés, au club Vertige, nous permit de passer la barre et reçut un lot de notre partenaire Expé. Alors, pourquoi ce chiffre est-il si important ? Il n'est pas rond. "Le jour où on atteint les 4 810 licenciés je tente le Mont Blanc" a dit un jour Corinne notre présidente. On s'en approche, mais ce n'est pas encore cela. Toutefois, elle peut déjà commencer à faire son sac entre deux dossiers de subvention, réunions et rendez-vous ; mais ce n'est toujours pas l'explication. En fait, ce n'est pas le chiffre qui est important mais plutôt la comparaison avec notre département voisin. Depuis des années l'Isère, ses montagnes, ses nombreuses falaises, ses gros topos, ses clubs actifs, est en tête du classement des CD en nombre de licenciés. L’année dernière il aurait suffi que j'inscrive mes deux parents et nous les égalions ! On est passé à un cheveu. Aujourd’hui, c'est officiel, le CD69 de la FFME, pour la première fois, devient le premier département de France avec 4 448 licenciés.

Comment avons-nous pu rattraper l'Isère ? Nous avons bien quelques collines chez nous mais rien à voir avec les montagnes de nos voisins. Même pas de quoi organiser un championnat départemental de ski alpinisme. Notre équipe alpinisme ne s'entraîne jamais dans notre département et est obligée de faire exploser son bilan carbone pour trouver les bons supports de pratique. Les falaises n'ont pas besoin de montagnes pour exister, on le sait. Toutefois, en comparant la taille de notre ridicule topo à ceux de nos voisins, il vaut mieux aller dans l'Isère, la Drôme, l’Ardèche ou l'Ain pour satisfaire notre addiction au caillou. Même nos voisins de la Loire voient passer des bus de lyonnais qui convoitent leurs bouts de rochers. Alors, le CD69 premier département France ! Comment est-ce possible ?

Lentilly

L'explication ne se trouve pas de ce côté. En fouillant bien dans l'historique des actions départementales on trouve quelques réponses à ce développement. Les pièces du puzzle rassemblées font apparaître des éléments sur cette courbe qui continue de croître.

Une première pièce nous est donnée par nos clubs et leurs murs. On sait qu'un beau mur et des bénévoles motivés forment un club d'environ 200 adhérents. Or, depuis 10 ans les murs poussent comme des champignons dans notre département. On en a inauguré trois cette année : le mur Tonkin à Villeurbanne, la salle de bloc de Pollionnay, Espace Escalade à l'Arbresle. La courbe va encore monter ! Si l'on regarde dans le passé, la création du Mur de l'Escale à Arnas a marqué cette volonté des clubs d'avoir un support d'entraînement répondant aux normes fédérales. Les autres clubs ont compris l'incidence de ces trésors sur la motivation des bénévoles, sur la progression du nombre d’adhérents et sur le niveau de grimpe. Le mécanisme s'est donc répété autour de Lyon et dans le Rhône avec des nouveaux murs qui sont apparus à Dardilly, à Jonage, à Lentilly, ou ont été rénovés : le Fort à Saint Priest, le mur Escoffier à Villeurbanne (La Doua)... La machine est en route et ne s'arrêtera pas. En fouillant dans les dossiers top secret de M. Kervella, on peut découvrir quelques bijoux qu’il taille patiemment et qui brilleront bientôt. La conception en 3D des murs fait rêver mais le travail des clubs auprès des élus est primordial. Pour les convaincre il faut parfois une sacrée dose de motivation. Heureusement un grimpeur n'est pas tenace qu'en escalade.

Pourtant, toute l'explication ne repose pas seulement sur le développement des murs. La motivation des grimpeurs est plus profonde pour réussir à submerger des élus avec autant de passion. La deuxième pièce du puzzle ne serait-elle pas alors la compétition dans le Rhône ? Sans doute, un peu. Elle s'y est développée de façon constante depuis des années. Une coupe du Rhône en place depuis plus de 10 ans qui reçoit plus de 220 participants à chaque étape, des championnats de France de difficulté et de bloc, jeunes ou seniors ... à coup sûr cela alimente la flamme des passionnés. Plusieurs champions de France, les équipes départementales d’escalade et d’alpinisme et leurs  nombreuses sorties enjouées : l'effet structurant sur les clubs est notable et les Rhôdaniens s’y inscrivent pour pouvoir se déplacer et grimper partout.

Doit-on fouiller du côté de la formation pour trouver une nouvelle pièce ? Sans doute un peu aussi. Combien d'initiateurs a-t-on formés ? Passeports, formations glacier, entraîneurs de club, cartographie-orientation, ouvreurs de clubs et autres diffusent la connaissance chez les grimpeurs du Rhône et font naître la passion et l’engagement bénévole.

Une autre pièce se situerait-elle aussi du côté de ceux dont on n'aime pas trop parler à la FFME ? Le Mur de Lyon est-il notre concurrent ? Avec un nombre record d'entrées en France n'a-t-il pas, lui aussi, un petit effet sur le développement de nos clubs ?

L’ensemble des pièces de ce puzzle est responsable de cette courbe qui ne va plus tarder à atteindre l'altitude du Mont Blanc. Notre communauté s'agrandit. Nous avons peu de falaises, les montagnes ne nous encerclent pas, mais  plus aucun habitant du Rhône en 2015 ne peut dire qu'il ne connait pas les sports de notre fédération. Soit il a pratiqué l’escalade à l’école, soit il connaît un pratiquant ; il a peut-être vu une publicité dans le métro ou une affiche de la coupe du Rhône dans sa boulangerie, peut-être entendu parler d'un championnat de France...

L'effet boule de neige risque de se transformer en avalanche.

 

Et maintenant, comment atteindre les 5 000 ?

Avoir des murs nationaux dans la Métropole de Lyon ?

Embaucher 3 nouveaux salariés aux CD69 ?

Embaucher 1 salarié par club de plus de 200 adhérents ?

Entretenir la passion par l’organisation de beaux évènements ?

Accentuer encore les actions de formations ?

 

Ou tout simplement grimper, grimper, grimper :) il paraît que l’enthousiasme et la motivation sont contagieux :)

 

Bastien Delattre