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Fissures américaines

Alpinisme - 04/02/14 à 17:50

Pendant le mois de novembre 2013, les filles de l’ENAF se sont frottées aux fissures de l’Utah et aux dômes de granite de l’Arizona. L’occasion de (re)découvrir la technique si particulière de l’escalade en fissures.

Fissures américaines
© FFME

Une technique particulière bien utile en montagne.

L’escalade en fissure requière une technique bien particulière. Si elle fait partie du bagage de base de beaucoup de grimpeurs américains, en France (et même, plus largement, en Europe) les méthodes de coincement sont rarement bien maîtrisées. Le type de rocher que l’on trouve majoritairement sur le vieux continent y est sans doute pour beaucoup. Le calcaire se prête mieux aux arquées et aux colonnettes. Les fissures rencontrées sont rarement régulières et, la plupart du temps, c’est beaucoup plus facile (et moins douloureux) d’utiliser les prises autour.

Pourtant, en montagne, le style d’escalade est bien différent de celui que l’on trouve en « couennes ». Le calcaire est plus rare et les itinéraires sont souvent dictés par les lignes de faiblesses du granite. Une bonne maîtrise de l’escalade en fissures permet donc une escalade plus sûre, plus rapide et plus économique.

Plus sûre, parce qu’un bon verrou est beaucoup moins aléatoire qu’une préhension classique. Plus rapide, parce qu’une fois que l’on est à l’aise en verrous, il suffit de « jeter » sa main dans la fissure sans trop se poser de questions. Plus économique, parce que lorsqu’on verrouille, c’est la fissure qui vous tient et on l’inverse (on caricature mais c’est presque ça !).

Indian Creek : le laboratoire !

Reste maintenant à trouver les sites adéquats pour travailler les différentes techniques propres à la fissure. Au cœur de l’Utah, Indian Creek est considéré comme « la Mecque » de l’escalade en fissures. Le rocher est un grès au grain très doux, qui offre des fissures de toutes les tailles et sans quasiment aucune prises autour. Résultat : on est obligé de verrouiller ! Une bonne dose d’humilité et quelques « steaks » bien saignants et, rapidement, les progrès arrivent.

Doigts, mains, poings, coudes… chaque largeur de fissures requière une technique particulière. Ajouté à cela l’obligation de se placer ses propres protections (à part les relais, il n’y a pas de spits à Indian Creek), il vaut mieux ne pas trop regarder les cotations…

Après quelques journées à intégrer tout ça, il est conseiller de varier un peu de sites. Avec les filles de l’ENAF, nous avons poursuivi le séjour sur les improbables tours de grès de Canyonsland, histoire aussi de parfaire le dépaysement ! Ensuite, route vers le sud et l’Arizona ! Les orgues de basalte de Paradise Forks puis les dômes de granite de Cochise ont permis de constater les progrès et, accessoirement, d’en prendre plein les yeux !

Ce stage clôturait la première année de formation, axée sur le rocher. La seconde année sera d’avantage consacrée à la glace et au mixte. Mais il est fort probable que les techniques de verrous soient rapidement utilisées…

(pour apprécier le diaporamas, nous vous recommandons la version Grand Ecran. Cliquez en bas à droite.)

 

 

Participantes :

Laure BATOZ

Mathilde BONNEFOI

Salomé CANDELA

Elsie LEMORDANT

Elise MAILLOT

Aude SEMAY

 

Encadrement :

Gaël BOUQUET DES CHAUX

Antoine PECHER

Equipe nationale d'alpinismeOLD