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Vanessa François, le Grand Capucin à bout de bras

Alpinisme - 24/09/15 à 11:15

Cette année, la FFME a choisi de soutenir deux projets mêlant la montagne et le handicap. Voilà pour le contexte. Nous allons vous les présenter l'un après l'autre et vous vous rendrez compte d'une chose : une fois sur la paroi, il s'agit tout simplement de l'histoire de deux passionnés qui ont eu la chance de réaliser un de leurs rêves. Avec à l'arrivée une même conclusion pour Vanessa et pour Ancelin : "c'était trop court".

Vanessa François, le Grand Capucin à bout de bras
© Bertrand Delapierre

On l'a tous dit pompeusementt de retour au bercail. "J'étais tellement bien là haut, j'étais triste de redescendre". C'était oublier un peu vite qu'on a eu froid justement là haut et que la huitième barre énergétique ne valait définitivement pas une bonne pizza.

Vanessa FRANCOIS et Ancelin MARGERIE les ont tous les deux prononcés ces quelques mots. Et croyez moi, il n'y avait aucune fierté mal placée : ces deux là ont tout simplement eu la chance - et la force ! - de réaliser un de leurs rêves. Et ils auraient sincèrement eu envie qu'il dure encore un peu plus longtemps. 

Vanessa FRANCOIS, le Grand Capucin à bout de bras

Le contexte était différent. Ancelin rêvait d'une première expérience en montagne. Vanessa, elle, d'y poursuivre son chemin.

Car Vanessa n'a pas toujours grimpé à bout de bras. Elle est même un des grands noms de l'alpinisme au féminin. La face nord de l'Eiger, une première féminine dans les Grandes Jorasses et la directe américaine des Drus : ces ascensions mythiques vous disent quelque chose ? Vanessa les a toutes cochées dans son petit carnet.

Et puis il y a eu l'accident. Un bloc de neige compact qui se détache en face sud de l'Aiguille du Midi et c'est toute une vie qu'il faut penser différement. Devenue paraplégique, Vanessa ne se laissera pas abattre pour autant : la montagne restera son univers. Même s'il faudra désormais l'appréhender autrement.

Avec El Capitan en Californie, elle renouait en 2013 avec le rocher. Cette année, c'est la haute montagne qu'elle voulait retrouver. Pourquoi le Grand Capucin ? "Parce que c'est le plus beau granit du massif du Mont-Blanc. J'avais ça en tête depuis mon retour des USA. Mais c'était très compliqué alors j'ai d'abord grimpé le Grand Gendarme des Cosmiques. On avait installé deux tyroliennes et j'ai passé une nuit en altitude avec Liv SANSOZ, ça a été une sorte d'entraînement". 

Pour monter ses projets, Vanessa peut compter sur de fidèles compagnons de cordées. Il y a Liv SANSOZ, qui est de tous les projets. Et puis il y a Fabien DUGIT, Pierre DELAPIERRE, Cédric LACHAT... Et bien d'autres ! Pour "le Grand Cap'", la préparation durera un an, "compliquée par des soucis de santé". Un entraînement physique, surtout axé sur le foncier, "parce que la manière dont je grimpe aujourd'hui ne demande pas vraiment de quaiités physiques spécifiques", explique l'alpiniste.

Car il est grand temps de répondre à la question que vous vous posez tous : Vanessa, comment grimper des voies aussi difficiles à bout de bras ? " Je me tracte sur une corde fixe avec une poignée jumar adaptée, couplée à un système de démultiplication des forces. Tout cela me permet d’avancer d’environ 30 cm à chaque mouvement…Patience, patience…", expliquait-elle lors de sa préparation pour El Capitan. 

C'est donc un dispositif similaire qui a permis à Vanessa de se mesurer au granit du Grand Capucin. Quant à raconter comment ça s'est passé, laissons la parole à celle pour qui l'escalade et la montagne sont aujourd'hui "les plus belles sources d'énergies" : http://www.vanessafrancois.com/?p=1685