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Comportement en cas d'avalanche

Pendant l'avalanche

Observer si possible pendant toute la durée du phénomène la ou les personnes emportées et tenter de déterminer le plus précisément leur parcours, du point de départ au point où elles disparaîtront définitivement avant que l'avalanche s'arrête.

Repérer ce dernier point. De ces observations dépendront en grande partie les chances de retrouver rapidement les victimes.

En effet il est probable que la victime se trouve dans une "zone préférentielle", délimitée par un angle d'environ 60' dont le sommet se situe au point où la victime a été vue pour la dernière fois et dont la bissectrice est sensiblement dans le prolongement de la trajectoire de cette victime (Fig 4).

 

avanlache

 

Remarque

Si l'observation de la  victime pendant l'avalanche n'a pu se réaliser, tenter de déterminer, immédiatement après l'arrêt du mouvement de la neige, la trajectoire qu'elle avait suivit en repérant des indices abandonnés le long du parcours de l'avalanche (objets divers, gants, sac, vêtements, etc ... ).

La zone préférentielle ne doit cependant pas être la seule surface à être investie par les sauveteurs qui doivent aussi ne pas négliger l'ensemble de la zone d'arrêt, Comme son nom l'indique cette zone préférentielle doit être privilégiée dans l'ensemble des recherches.

Immédiatement après l'avalanche

Aborder dans les meilleurs délais la zone d'arrêt ou zone de dépôt de l'avalanche.

Les témoins sont en amont

Si le groupe des témoins se trouvent en amont de l'avalanche l'approche se fait par le haut de préférence sur la zone de parcours de l'avalanche afin de pouvoir repérer les indices abandonnés ce qui permet aussi d'éviter de déclencher une avalanche secondaire à proximité de la première.

Le début des recherches s'effectue vraiment à partir du point où la victime a été vue pour la dernière fois et si ce point n'a pu être repéré, à partir de la limite supérieure de la zone d'arrêt ainsi que sur toutes les zones de dépôt laissées sur le parcours de l'avalanche à l'occasion des mouvements de terrain (creux, diminution de la pente, talus, etc...) ou d'obstacles naturels (arbres, rochers, bosses, etc...) (Fig 4).

Les témoins sont en aval

Si le groupe de témoins se trouve en aval de l'avalanche, aborder la zone d'arrêt par sa limite inférieure.

Les témoins sont à son niveau

Si le groupe de témoins se trouve au niveau de la partie intermédiaire, aborder les recherches à ce niveau là en répartissant les sauveteurs vers le haut et vers le bas (fig 4).

L'alerte

Ne pas oublier de donner l'alerte.

Les préparatifs de la recherche

L'organisation efficace des recherches implique avant tout que l'un des sauveteurs prenne la direction de l'opération. Celui-ci sera le leader reconnu comme tel par son expérience ou s'imposera immédiatement parce qu'étant le plus fort psychologiquement.

Déterminer dans un premier temps un dépôt de matériel, facilement accessible et à l'abri d'autres dangers afin d'éviter de brouiller les pistes de recherche par des objets abandonnés, çà et là, par les sauveteurs sur le parcourt ou sur la zone d'arrêt de l'avalanche.

Commence alors vraiment les recherches qui peuvent se dérouler à ski ou à pied, en fonction de la configuration de la zone d'arrêt.

Les sauveteurs doivent être munis d'un objet permettant de sonder (bâton sonde, bâton de ski, sonde spéciale) ainsi que de pelles réparties au mieux sur l'ensemble de la zone d'arrêt.

Recherche avec un groupe équipé d'ARVA

Tous les appareils doivent être réglés en position "recherche". Mais éviter de tomber dans l'erreur, si l'effectif est assez important (3 à 6 personnes) et si la surface de la zone d'arrêt est modérée (quelques milliers de mètres carrés), de mobiliser tous les sauveteurs pour une recherche systématique avec les ARVA.

Dans ce cas il est préférable, pour des raisons d'efficacité, de consacrer une partie des sauveteurs à des recherches préliminaires de surface :

  • recherches auditives,
  • recherche visuelle d'indices (vêtements, équipement)
  • sondage sur les zones préférentielles (Fig 5).

Ces sauveteurs se répartissent sur l'ensemble de la zone d'arrêt qu'ils parcourent rapidement.

L'autre partie des sauveteurs, les mieux entraînés à l'utilisation de L'ARVA, effectue une recherche systématique selon les méthodes indiquées (voir fiche :  Recherche par A.R.V.A.).

avalanche-2

 

Recherche avec un groupe non équipés d'A.R.V.A

Cette situation devrait, dans un futur proche, considérablement diminuer, voire disparaître, tellement l'ARVA est considéré maintenant comme faisant partie intégrante de l'équipement du skieur pratiquant le hors piste ou la randonnée.

Mais cependant quel que soit le taux d'utilisation de cet appareil, et quand bien même chaque pratiquant en possédait un, les probabilités de non fonctionnement, pour diverses raisons (oubli, erreur, panne, etc...), demeureront. Ce type de situation doit donc être envisagé.

Dans ce cas les sauveteurs ne peuvent qu'utiliser les équipements dont ils disposent (bâtons, bâtons sondes, sondes, skis, piolets, etc...) pour sonder.

Dans le même temps ils tentent de repérer à la surface des indices (objets, appartenants aux victimes, perdus pendant l'avalanche) ainsi que des équipements encore rattachés à la victime (skis, bâtons, cordelette à avalanche) ou une partie du corps (membre dépassant à la surface de la neige

Comment procéder

Les zones préférentielles:

  • accumulation de neige dans les creux,
  • les replats,
  • l'extérieur des courbes,
  • les contre-pentes,
  • amont des rochers et des arbres,
  • tout endroit ou le corps de la victime a pu se trouver bloqué avec une partie de la neige en mouvement.

Si cette première démarche donne aucun résultat, les sauveteurs se regroupent  (un ou plusieurs groupes selon l'effectif) afin d'effectuer un sondage plus systématique qui continue à privilégier les zones préférentielles en partant de celles où les chances de retrouver les victimes sont estimées les plus importantes. Dans l'exemple de la figure 5, commencer par:

  • 1') zone 5-2
  • 2') zone 4-3
  • Y) zone 6-1

Remarques

Chaque groupe ou vague est composé de plusieurs personnes dont le nombre est déterminé selon deux critères: effectif total des sauveteurs et nombre de zones préférentielles sondées simultanément. Il s'agit là d'un sondage large, soit 70 cm entre chaque sondage. les sauveteurs progressent ensemble (Voir paragraphe H-2.2 Recherche par sondage).

Effectuer éventuellement plusieurs passages sur la même zone.

Si le manteau neigeux est formé d'une neige molle ou poudreuse, ne pas négliger de sonder aussi la partie extérieure immédiate de la zone d'arrêt, là où la victime a pu être projetée sans qu'aucune trace à la surface n'apparaisse (fig 5).

  • Les chances de retrouver les victimes rapidement étant limitées, ce type de situation justifie que l'alerte soit donnée dans les meilleurs délais (si possible!) sans que cela ne compromette le résultat des premières recherches.

Dans la perspective de l'arrivée des secours organisés les sauveteurs témoins de l'avalanche doivent garder en mémoire, grâce à un repère fixé par eux, les points de départ des victimes ainsi que l'endroit où elles ont été vues pour la dernière fois. Il est préférable aussi de baliser les zones préférentielles et autres secteurs, ayant été spécialement sondés.

Dégagement des victimes

Déterminer avec précision l'emplacement du corps et si possible celui de la tête. C'est le résultat à obtenir lors de la recherche finale avec ARVA + sonde, afin de gagner de précieuses minutes pouvant être déterminantes pour la survie de la victime.

  • Dégager la neige à l'aide d'une pelle (quatre fois plus rapide qu'avec le talon d'un ski ou avec les mains).
  • Chercher avant tout à atteindre et à dégager la tête.
  • Ne pas bouger la victime tant qu'un examen de son état physique n'a pas été fait.
  • Aménager le trou dans lequel se trouve la victime en effectuant une surface de dégagement à côté de celle-ci. Ce qui permettra de lui apporter les premiers soins et de préparer correctement son évacuation.

Premiers soins

Attention : ce paragraphe est un simple rappel.

Les pathologies

Les victimes dégagées des avalanches présentent des lésions externes variées, mais on retrouve toujours trois facteurs plus ou moins associés:

a) L'asphyxie

Elle représente environ 80% des cas:

  • Par obstruction: bouchon de neige dans les voies aériennes supérieures.
  • Par écrasement du thorax sous le poids de la neige.
  • Par lésions pulmonaires provoquées par le souffle de l'avalanche.

b) Les lésions traumatiques

Les lésions traumatiques sont provoquées par la présence de bloc rocheux ou d'arbres, ou simplement par le mouvement de la neige (torsion des membres et du rachis).

c)  L'hypothermie

Elle est majorée par l'infiltration de neige poudreuse sous les vêtements et par l'humidité qui en résulte.

Conduite à tenir

a) Asphyxie

  • Contrôle de la respiration et du pouls,
  • Couleur cyanosée, présence de neige sur le visage.
  • L.V.A. (dégagement des voies aériennes), 
  • "Bouche à bouche" si la victime ne respire pas
  • Oxygène le plus vite possible
  • Surveiller

b) Lésions traumatiques

  • Attention au dos (rachis),
  • Arrêter les hémorragies éventuelles
  • En cas de lésions internes, danger. De choc: mettre en bonne position d'attente (tête basse)
  • Immobiliser les membres fracturés.

c)  L'hypothermie

Protéger du froid: couche épaisse de vêtements sous la victime.

Abriter du vent et couvrir. Il  est souvent mieux de laisser la victime à l'abri dans son trou.

En cas d'hypothermie :

  • Conscience claire : réchauffer par vêtements et boissons.
  • Conscience perturbée (s'éveille mais semble indifférent) : dégager avec ménagement, envelopper hardiment, pas de boisson.
  • Sans connaissance :  ne pas réchauffer si transport par hélicoptère, sinon réchauffer le tronc.
  • Ni respiration, ni pouls : respiration artificielle, massage cardiaque externe prudent. Ne pas réchauffer, éviter toute mobilisation brutale. Transport par hélicoptère.

BIBLIOGRAPHIE

Guide pratique des avalanches par Bruno Salm. Ed. Club Alpin Suisse, 1983.
Le risque d'avalanche par Werner Münter. Ed. Club Alpin Suisse, 1992.
Ski et sécurité par François Valla. Ed; Glénat, 1991.
The avalanche handbook par David Mc Clung et Peter Schaerer. Ed. The Mountaineers, 1993.