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Le RAP ouvre « Anosmia », une grande voie en Macédoine du Nord

Le dernier stage de la promotion 2019/2020 du Roc aventure programme s’est achevé avec l’ouverture d’Anosmia, une grande voie de 9 longueurs (8b+ max) ouverte sur une paroi de 300 mètres, au cœur du parc national de Mavrovo, en Macédoine du Nord. Retour

C’est sans aucun doute aujourd’hui la voie la plus dure de Macédoine du Nord. Anosmia, ouverte en septembre dernier par la promotion 2019/2020 du RAP, compte 9 longueurs dont 5 dans le 8e degré.  « Si la 3e longueur en 8b+ est cruciale, explique Jonathan Crison, conseiller technique national en charge du RAP, le reste de la voie reste coriace. La difficulté réside dans la variété de la ligne, où l’on passe de mouvements très physiques dans des colonnettes à des profils de dalles particulièrement complexes. L’ensemble est relativement soutenu. Aujourd’hui, toutes les longueurs ont été libérées, mais l’enchaînement de la voie à la journée reste à réaliser ! Avis aux répétiteurs ».

Il a fallu 9 jours pour les stagiaires du RAP, encadrés par Jonathan Crison et Gérôme Pouvreau, pour équiper cette grande voie, neuf jours entrecoupés de parenthèses pluvieuses bienvenues. « A chaque fois que l’on arrive sur ce genre de paroi, on a du mal à rester calme, poursuit Jonathan Crison. Ce mur était magnifique, nous voyons des lignes partout et comme d’habitude, nous nous sommes un peu enflammés à vouloir ouvrir deux voies. Puis au bout d’une demi-journée sur les cordes, nous nous sommes repris : une voie, ce serait déjà un bon challenge. L’endroit était complètement vierge de toute escalade, il fallait donc également penser à l’accès et à la redescente. La météo nous a permis de prendre un peu de repos forcé après 5 jours assez intenses ».

Mais finalement, c’est certainement l’accueil et le partage avec les grimpeurs locaux qui resteront gravés dans le souvenir des membres du RAP. « Pour le dernier stage d’une promotion du RAP, nous programmons généralement un stage sur un big wall, explique Jonathan Crison. Nous n’avons pas ce genre de paroi en France et dans ce contexte de crise sanitaire, nous allions nous réorienter sur des grandes voies dures en Croatie. Pourtant, tout au long du cursus, j’aime proposer aux jeunes des challenges qu’ils ne sont pas encore capables de réaliser seuls. C’est alors que nous avons été contactés par l’ambassade de Macédoine, pour un projet d’échange avec la FFME. »

Si l’invitation initiale concernait la participation du RAP au festival international de Demir Kapija, les 3 et 4 octobre derniers, la proposition s’est affinée avec l’idée d’équiper une grande voie sur une paroi vierge repérée par les grimpeurs locaux dans le parc national de Mavrovo. « Nous avions alors notre stage clé en main, un cadeau d’autant plus précieux que ce genre de spot totalement vierge se fait de plus en plus rare, assure Jonathan Crison. Mais ce que je retiens le plus, c’est l’accueil chaleureux et les beaux échanges avec les grimpeurs locaux. L’escalade en Macédoine est une activité récente, ils étaient contents de nous montrer leur terrain de jeux, et nous ravis de partager notre passion. C’est vraiment le point fort de ce stage ! »

Pour la petite anecdote, les Macédoniens ont décidé de baptiser cette paroi le « French Wall », ce qui n’était pas vraiment au goût des membres du RAP.  « Mais nous n’avons pas vraiment eu le choix, confie Jonathan Crison, ça leur tenait sincèrement à cœur ! »

 « Sur ce stage, nous avons eu l’opportunité unique d’aller équiper une voie sur un mur inexplorée, l’aventure totale ! Seul Dimitar, notre hôte et grimpeur/équipeur acharné de Macédoine, s’était aventuré jusqu’au pied de la paroi. Il a donc fallu tracer un chemin, et faire du bon jardinage pour rendre l’accès agréable pour les prochains visiteurs. Notre ligne emprunte un itinéraire qui ne parait pas forcément évident vu du bas, mais qui nous semblait plutôt logique quand nous étions pendus dans le baudrier au milieux de ces gros dévers et de ces dalles sans prise. Nous nous sommes demandé à plusieurs reprises si nous prenions la bonne direction. A chaque relais, plusieurs lignes semblaient possibles au-dessus et j’avoue que pour les premières longueurs, nous nous sommes un peu emballés en choisissant l’itinéraire le plus attrayant, à défaut du plus simple. Les longueurs étaient démentes et vraiment dures avec des pas de blocs sur prises millimétriques à défricher. Puis au fur et à mesure de l’ascension, nous avons commencé à cerner les pièges de ce mur. Au final nous sortons tous vraiment bluffés par ce que ce mur nous a offert ! » Guillaume Colin