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Le ski de rando en station : des conditions idéales ce Noël mais des précautions à prendre...

Avec les remontées mécaniques fermées, les randonneurs à ski et en raquettes trouvent dans les stations un terrain de jeu inespéré.
Mais attention, dès lors qu’une piste n’est pas officiellement ouverte, de nombreux dangers sont bels et bien présents. Tour d’horizon sur les différences entre un domaine skiable ouvert et le même domaine non ouvert (qui devient de fait « domaine montagne »).

Sur une piste fermée,
le risque d’avalanche devient le même qu’en pleine montagne !

Une piste de ski ouverte est protégée du risque d’avalanche par des déclenchements préventifs réalisés par les pisteurs. Quand le domaine skiable ou une piste sont fermés, cette sécurisation est absente ou partielle. Même sur une piste, le randonneur évolue alors dans le « domaine montagne », il doit alors s’équiper en conséquence (trilogie DVA pelle sonde, s’entraîner pour en maitriser l’utilisation) et préparer sa sortie en prenant en compte la pente, le manteau neigeux et le risque d’avalanche.

Même si le domaine skiable est fermé :
attention au PIDA

Le PIDA, c’est le Plan d’Intervention de Déclenchement des Avalanche. C’est un schéma d’intervention mis en œuvre par le service des pistes qui va déclencher artificiellement les avalanches qui peuvent menacer le domaine skiable.

Même si le domaine skiable est fermé, les PIDA pourront se poursuivre ces prochaines semaines. En général, il est réalisé au lever du jour mais les remontées mécaniques étant fermées, il pourra prendre place à tout moment de la journée. Ce sera souvent le cas pour sécuriser des infrastructures (routes, remontées mécaniques par exemple) ou même des pistes de ski car, dans certains cas, il est préférable de purger les pentes au fur et à mesure en déclenchant des coulées petites à moyennes régulièrement, plutôt que de cumuler trop de neige et de risquer une avalanche de taille (et de force) trop importante.

Respectez les consignes affichées ou communiquées par les personnels, si vous entendez des tirs, manifestez-vous et mettez-vous en lieu sûr.

Même si la station est fermée, les engins de damage vont continuer à circuler …

Même si les remontées sont fermées, dans de nombreux endroits les dameuses vont continuer à circuler pour entretenir la neige et la fixer sur les pistes. C’est important pour garantir un enneigement tout au long de la saison. Méfiez-vous, notamment lors des descentes, quand la visibilité est réduite, derrière une rupture de pente par exemple…

Des câbles parfois longs d’un kilomètre !

Désormais, de plus en plus de dameuses sont équipées de câbles. Cela permet de travailler la neige de manière plus qualitative, en consommant moins de carburant puisqu’une partie de l’effort se joue au treuille. Ainsi pratiqué, les engins travaillent régulièrement à plusieurs centaines de mètres (parfois 1000 m) de leur point d’ancrage. Le câble qu’ils laissent derrière ou devant eux est peu visible, il est parfois camouflé dans la neige ou à hauteur d’homme. Il peut aussi balayer en une fraction de seconde la largeur d’une piste en fonction des mouvements de la dameuse plusieurs centaines de mètres plus loin…  Ce type de piège est maintenant la cause de plusieurs accidents par an en France, c’est un danger très important qui va être là encore amplifié pendant cette période où les remontées sont fermées puisque les engins de damage ne circuleront plus seulement la nuit mais aussi en plein jour.

Certaines stations ont des dispositifs de signalement de l’activité des dameuses : respectez ces indications et soyez à l’écoute des signes d’activité des engins.

Pistes non damées et non balisées

En attendant l’ouverture, les pistes sont généralement damées de manière grossière (juste pour fixer la neige) : gardez une marge de sécurité par rapport à votre niveau de ski ! De même le balisage n’est pas encore mis en place. L’absence de balisage implique une plus grande vigilance sur les changements météo et notamment l’arrivée du brouillard ou de la nuit.

Appel des secours : qui appeler ?

Sans la présence des pisteurs secouristes, l’intervention des secours sera moins rapide. Appelez le 112 en cas d’accident et apprenez à vous localiser précisément sur une carte (sommet, versant, altitude, point reconnaissable…) ou avec des coordonnées GPS pour guider les secouristes… Pour éviter l’accident, skiez avec une marge de sécurité plus importante, adaptez votre vitesse à votre niveau et aux éventuels changements de neige qui peuvent être surprenants et qui sont à l’origine d’une grande partie des chutes.

Un domaine skiable fermé redevient un domaine de montagne !

Il faut finalement garder en tête qu’une station sans remontée mécanique redevient un domaine de pleine montagne. On a finalement pris l’habitude de se sentir en sécurité en station, au milieu des pistes. Et même si les pistes sont « tracées », il faut bien avoir conscience que le niveau de sécurisation n’est pas du tout le même. On peut par exemple parier que des avalanches se produiront dans des lieux inhabituels … Le contexte sanitaire doit aussi nous inciter à une prudence accrue. Profiter de la montagne comme espace de liberté : oui, mais en restant responsable et à l’écoute des préoccupations des autres acteurs (que ce soit les équipes médicales surchargées, les maires qui se sentent responsables de notre sécurité -et qui sont de plus en plus souvent inquiétés par les tribunaux-  ou encore les exploitants de domaine qui ont besoin de préparer la future ouverture des domaines skiables….).  Bref, revendiquons notre liberté d’accès à la montagne mais sachons être responsables et mesurés dans nos pratiques…