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Reprise de l’entraînement pour les athlètes de haut niveau

Ruban de cyclistes séparés de 10m sur les routes de montagne et petits groupes d’individus masqués qui grimpent sur SAE, la situation peut paraître surréaliste et pourtant bien réelle. En effet, depuis le 11mai, l’entraînement à repris pour les athlètes de haut niveau d’escalade et de ski-alpinisme. Les pôles France de Voiron et de Fontainebleau ont ainsi pu accueillir, par mesure dérogatoire, leurs premiers grimpeurs.

Si les sourires restaient cachés, la joie de pouvoir retrouver la grimpe se lisait dans les yeux de tous les grimpeurs rassemblés pour la reprise de l’entraînement. Une reprise qui s’est faite quelques jours après le 11 mai, première phase de déconfinement.

En effet, il a tout d’abord fallu établir des protocoles sanitaires très rigoureux pour que les sportifs puissent grimper en toute sécurité vis-à-vis du COVID 19, mais également remettre les salles en état, se coordonner pour la constitution de groupes, la répartition de créneaux, sans oublier une visite médicale de reprise pour chaque athlète.

Reprise en site naturel privilégiée

A ce jour, les entraînements sont quotidiens, mais la reprise s’est faite en douceur :

« Nous avons tout d’abord encouragé les athlètes, grimpeurs à reprendre une activité en plein air sur site naturel, explique Damien You, directeur des équipes de France. Après deux mois de confinement, il était impératif de sortir, d’une part pour prendre l’air, mais également pour retrouver des sensations de grimpe après avoir été contraint au « home training » pendant 60 jours. Je tenais d’ailleurs à saluer nos entraîneurs nationaux, qui ont été très actifs durant toute la période de confinement. Ils ont su s’adapter au mieux aux contraintes de chacun des athlètes, qui étaient tous confinés dans des conditions bien différentes : certains disposaient de pans personnels tandis que d’autres n’avaient qu’une poutre pour s’entraîner dans un appartement. Mais tout le monde a été créatif et impliqué pour tenter de garder le niveau le plus haut possible. »

Pour les spécialistes de la vitesse, le mur extérieur de Voiron a rapidement été mis à disposition également. Chacun a ainsi pu retrouver ses sensations, petit à petit. Car même si les athlètes ne sont pas restés inactifs pendant le confinement, le corps a subi l’effet de deux mois de confinement.

Reprise en salle des athlètes de haut niveau

Ainsi, rapidement, les structures de Voiron et de Karma ont pu accueillir les athlètes de haut niveau. D’autres SAE appartenant à des collectivités ont ensuite pu être ouvertes elles-aussi, exclusivement pour les sportifs de haut niveau, avec l’accord du gestionnaire.

« Le port du masque, l’utilisation de gel hydro-alcoolique régulière et la distanciation entre individus restent obligatoires pour chaque séance. Le port du masque peut paraître contraignant, mais il résout la plupart des problèmes de contamination : le contact du visage avec la sangle de l’enrouleur en vitesse, la corde dans la bouche en difficulté, la parade en bloc et la simple protection de prises. Les athlètes utilisent également de la magnésie liquide avant chaque essai, explique Sylvain Chapelle, entraîneur des équipes de France d’escalade. Enfin, quand l’entraînement se termine, personne ne reste sur place. Nous sommes particulièrement soucieux de protéger les athlètes au maximum. »

S’entraîner oui, mais pour quoi ?

L’entraînement a donc repris, oui, mais les grimpeurs vont très vite avoir besoin de savoir pour quelles échéances ils s’entraînent. Les quatre olympiens (Julia Chanourdie, Anouck Jaubert, Bassa et Mickael Mawem) ont leur saison tracée jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo, mais pour les autres, tout est encore très incertain concernant la saison internationale.

« Pour certains, ce confinement est également une occasion de reprendre un travail de fond pour l’année prochaine et peut-être même un peu de recul vis-à-vis des choix et des stratégies pour les saisons à venir. Il faut tirer le positif de cette situation inédite et rebondir », assure Damien You.

En ski-alpinisme, la saison d’entraînement commence un mois plus tôt

Pour les athlètes du ski-alpinisme, les contraintes étaient différentes, comme l’explique Thierry Galindo, entraîneur national : « Pour les skieurs, la saison s’est arrêtée un mois plus tôt que prévu. La pause forcée du confinement a finalement permis aux athlètes de commencer leur pause annuelle plus tôt. Hormis la frustration de ne pas pouvoir courir la dernière étape de la Coupe du Monde et les Championnats d’Europe, notre saison n’est pas si bouleversée et surtout, nous avons pu commencer notre préparation pour 2021 avec un mois d’avance, ce n’est pas négligeable et ça nous a permis de mettre en place de nouvelles choses. Les skieurs ont continué de courir pendant le confinement, une heure par jour, et depuis le 11 mai, ils ont repris les sorties plus longues, en autonomie ou en petit groupe, en respectant les gestes barrières. »

L’équipe de France de ski-alpinisme sera à nouveau réunie début juillet pour un stage d’itinérance à vélo. Au programme : 500 km pour 15000 m de dénivelé positif en quatre jours.  De quoi reprendre l’entraînement du bon pied !