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Sensation à Tokyo : les frères Mawem en finale et avec la manière

Quelle soirée ! En remportant la vitesse (Bassa Mawem), et le bloc (Micka Mawem), les frères Mawem, les deux représentants de la France dans cette première apparition de l’escalade aux Jeux Olympiques, ont été la sensation des qualifications à Tokyo et ont tous deux pris leur place pour la finale de jeudi !

35°C, 80% d’humidité. Un stade vide mais des infrastructures spectaculaires, à la hauteur de l’événement. Ce 3 août, il est 17h heure à Tokyo et le premier duo de grimpeur s’avance vers le mur de vitesse, imité par 18 autres prétendants à la finale. Et ça va vite ! Fini les passages laborieux dans la voie du record des premiers jours du combiné. La majorité des athlètes grimpe désormais sous les 7 secondes avec une fluidité déconcertante. Côté Français, Micka est le premier de la fratrie Mawem à se présenter au pied du mur de vitesse. Et ce run d’introduction sera son seul faux pas de la compétition : le Français commet la faute en milieu de voie : il n’a plus qu’une chance pour briller en vitesse.

Place au grand frère, Bassa Mawem, spécialiste de la discipline. Le starter égrène ses commandements et voilà le Français parti pour marquer l’histoire olympique. 5’45 en haut du mur, premier temps de référence de la vitesse en escalade aux JO. Personne, ce soir, n’a proposé mieux.

Reste à Micka de donner le change. « Après ce mauvais run, je me suis tout de suite remobilisé. J’ai échangé deux mots avec mon frère. On s’est dit : on n’est pas là pour grimper à moitié, il faut prendre tous les risques sur ce 2e run. C’est ce que j’ai fait. » A la clé, 5’95, nouveau record personnel et 3e temps du premier round à un centième du Japonais Tomoa Narasaki (5’94). Le ton était donné.

De la grâce dans le circuit de bloc

Si Bassa Mawem n’a pas démérité dans cette spécialité assez loin de ses qualités (une zone en fin de parcours), son frère Micka semble avoir été, lui, touché par la grâce. Car là où tous les favoris affichés butent, Micka Mawem passent et avec la manière. S’il n’est pas le seul à sortir le B1, ils ne sont que deux à avoir réussi le bloc 2 (avec le Japonais Tomoa Narasaki, très solide également ce soir), Micka le sortant à vue. Quant au bloc 3, c’est avec cette même rage de vaincre que le Français s’y frotte pour en sortir encore une fois victorieux dès le premier essai. Si le dernier bloc lui résiste, le principal est déjà fait : avec trois blocs, il présente la meilleure feuille de résultats du jour et prends la tête des qualifications.

Des doutes à l’issue de la difficulté

Si la 11e place de Micka Mawem en difficulté ne modifie plus le classement général et permet au grimpeur d’intégrer la finale en tête du classement général, l’expérience de Bassa ponctue cette journée par une pointe de doute. En effet, si le Français intègre bien la finale malgré une 20e place en difficulté, il y chute à cause d’une douleur au bras pour laquelle il a ensuite dû réaliser des examens complémentaires sans avoir de diagnostic précis à ce stade.

« Nous allons attendre d’en savoir plus, bien sûr que j’y pense beaucoup », a affirmé son frère Micka. « Mais, ce soir, je préfère retenir que nous avons tous les deux réussi notre pari. Celui de grimper à notre meilleur niveau aux JO. Celui de montrer fièrement nos qualités dans nos spécialités et le travail réalisé dans les autres et surtout celui de représenter, ensemble, la France en finale des Jeux Olympiques. »

 

Damien You, directeur des équipes de France de conclure : « Des Jeux qui commencent très bien pour l’équipe de France. Pour bien figurer, Bassa devait gagner la vitesse, il gagne la vitesse. Micka devait bien se classer en vitesse et en bloc et il termine 3e et 1er. On peut dire qu’on est sur un scénario quasi idéal. On peut retenir leur superbe attitude. Beaucoup d’engagement et de détermination tout en étant détendu, c’est le top. Ils ont fait le boulot pour aujourd’hui, maintenant faut se concentrer sur la suite. Les Etats-Unis et la France sont les seules nations à avoir qualifier leurs deux athlètes, c’était loin d’être évidents. »

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Photos : Léo Zhukov