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La section montagne du club Escalagou (34) enchaîne

Au début du mois de mars, le club Escalagou (Nébian – 34) nous présentait la première étape du parcours de formation montagne mis en place par le club avec le soutien de la FFME (Lauréat AAP Développement des multi-activités). Place désormais aux compte-rendus de deux stages de ski de rando effectués par le club.

Stage à Ceillac (05) les 6 et 7 mars,
rédigé par Simon Gilabert (un des participants)

Enfin la date tant attendue du départ en ski de randonnée. Vendredi 5 mars, il est 12h30 et nous nous retrouvons à l’aire de co-voiturage de Clermont l’Hérault, direction la vallée Queyras dans les hautes Alpes. Petite halte location matériel à Loutousport à Guillestre et nous voilà sur le parking de la station de ski de Ceillac point de rendez-vous donné pour monter au refuge de la cime. Il est 18h, gros sac de rando, ski aux pieds, Hugues nous met d’entrée dans le bain avec un test de groupe DVA + recherche de deux fausses victimes autour du refuge.

19h, ambiance refuge… super accueil, super repas. Hugues démarre la formation avec la lecture du BRA, de la nivologie, il y reviendra très régulièrement, essentiellement pour supprimer les croyances mais aussi et surtout pour simplifier au maximum la compréhension de la neige (type de neige, situation avalancheuse etc…). Il terminera par de la préparation de course en 3×3 avec un peu de cartographie…

La nuit n’a pas été très bonne, il faisait très chaud dans la chambre, le réveil sonne à 5h50, p’tit déj, départ 7h, test de groupe DVA, c’est du sérieux on est parti !

Nous mangeons notre pain noir dans un échauffement de 600m de D+ en remontant les pistes. Arrivés tout en haut des pistes, Hugues choisi un dôme de neige près du lac Sainte Anne avec la même orientation que le couloir que nous devons emprunter juste après en direction de la tête de la Petite Part pour nous faire une démo super réussie des différents tests du manteau neigeux : test du bâton, test de la pelle en compression et test de la colonne étendu.

Nous repartons en direction de ce couloir pour 500m D+, nous longeons les névés de la font Sancte puis au niveau des Enveyres, nous sommes à 2750m d’altitude et nos premières conversions nous réchauffent bien dans cette pente à 30 degrés. Arrivés en haut, Hugues nous fait une démonstration du rappel à la genevoise amarré sur sa paire de ski et son piolet, c’était ambiance !

Nous profitons du soleil au pied de ce couloir pour faire la pause déjeuner et par la même occasion pour parler de la recherche de victimes, du bon usage de la pelle et de la sonde, du travail en équipe etc…

S’en suit une magnifique descente puis un petit ressaut d’une centaine de D+. Enfin dernière descente direction le refuge dans un paysage grandiose.

Nous passons une bonne soirée refuge, accompagnée d’un bon cours de cartographie, étude du BRA, nous reprenons aussi les situations avalancheuses caractéristiques autour d’un bon verre de grappa offert par notre guide formateur. Nous ouvrons grand la fenêtre de la chambre et passons une bien meilleure nuit.

Dimanche, idem réveil 5h50, départ 7h timing serré au vu de la météo.

De nouveau le pain noir a la chauffe, boussole et carte à la main, nous appliquons ce que nous avons appris la veille, repérage avec azimut et main courante direction le lac miroir puis réflexion sur le passage le plus optimal pour atteindre le couloir vers la mamelle. Après une avancée prudente au pied d’une situation ciblée par le BRA, nous avançons vers notre objectif dans un bon timing, dans une pente à 40 degrés ! Nos conversions s’enchainent, arrivée sur une crête sublime, la vue est époustouflante, un petit coin de paradis, la neige à la descente par le Bachas est juste parfaite. Un itinéraire de folie ! Encore un peu de D+ avec des peaux engluées sur de la neige bien collante, nous nous arrêtons pour la pause déjeuner au lac miroir, puis nous rentrons au refuge en passant par des petites forêts de mélèze.

Après un bon café, un peu nostalgiques, nous retournons aux voitures, les têtes pleines d’images incroyables et de notion de neige, de gestion de courses et d’orientation qui nous renforcent dans notre désir de faire d’autres itinéraires.


Stage à St-Véran (05) les 13 et 14 mars,
rédigé par Antoine Amilhau (un des participants)

Dimanche 14 mars, aux environs de 16h, près de St-Véran, nous sommes là, autour d’un bout de saucisson, d’une tranche de fromage, de quelques Gressins du Val d’Aoste ramenés par Hugues, et d’une excellente bière artisanale venant elle de ce joli coin de France où nous venons de passer de superbes moments de montagne. Fourbus par l’effort, encore enivrés par les aventures que nous venons de vivre, nous nous apprêtons à rentrer chez nous, dans l’Hérault…

Ce mini-raid à ski de rando nécessite un minimum de préparation et c’est via WhatsApp qu’Hugues, notre guide-formateur, commence à nous donner les éléments dont nous avons besoin. La météo prévue et celle passée, décryptage du BRA, quelques photos pour tenter d’identifier des indices en rapport avec les conditions de neige que l’on pourrait observer in-situ. On comprend rapidement que l’on n’est pas là simplement pour une rando mais aussi et surtout pour apprendre les rudiments liés à la préparation de celle-ci en adéquation avec les conditions du moment.

Pour ce faire, nous nous retrouvons donc tous les 7, Hugues, Adrien, Olivier, Philou, Tony, Axel, et moi-même (Antoine), dès le vendredi soir dans un gite à Guillestre. Apres un bon petit repas, Hugues continue à nous mettre au parfum, et commence à nous initier aux bases de la nivologie. Différents types de neige, transformation, couches fragiles, mécanisme de l’avalanche, méthode d’aide à la décision 3×3…nous y reviendrons constamment pendant les deux jours qui vont suivre. Avant de se coucher, nous faisons un dernier point météo, la traduction du dernier BRA, étudions les différents itinéraires avec les variantes possibles en fonction des observations que l’on fera une fois sur place et de l’évolution du groupe.

Samedi matin, le moment est venu de sortir les skis et les peaux de phoque. Pour se laisser un maximum de possibilités d’itinéraires et de réchappes, nous laissons un véhicule à St-Véran, et nous nous garons avec l’autre au pont de Lariane (2025m) au bord de la route du col Agnel dans la vallée d’à côté. Nous partons donc avec pour objectif final de la journée le refuge de la Blanche, situé au fond de la vallée de St-Véran. Deux options principales s’offrent à nous : une montée sèche au col du Longet à 2701m ou une montée un peu plus à l’Est de ce col pour basculer par un joli couloir dans le vallon de Clausis. Carte IGN et boussole à la main, nous prenons des azimuts pour tenter de nous situer et repérer notre objectif. Hugues continue notre formation en nivologie en nous faisant relever, in-situ, les éléments vus la veille au chaud dans le gite. Dès les premiers pas, nous enfonçons à l’envers nos bâtons pour sonder les différentes couches de neige et y retirer ces fameux gobelets qui constituent une couche fragile. Une fois arrivés sur la crête nous séparant du vallon de Clausis nous progressons à pieds, skis sur le sac, dans une belle ambiance, pour atteindre le couloir prévu. Un joli panorama se découvre autour de nous avec notamment le Mont Viso, les Ecrins… Avant de s’élancer, il est temps de réévaluer une nouvelle fois la situation par la méthode 3×3 et après avoir pesé le bénéfice et le risque, nous prenons la décision de nous rabattre sur notre plan B et atteindre le col du Longet par une jolie descente de quelques centaines de mètres et l’assaut final du col. Il y a foule et nous basculons sur la face sud de la vallée de St-Véran pour prendre un peu de distance et enfin casser la croute en compagnie de Eole, qui vient de se lever avec robustesse. Après quelques virages en recherche d’itinéraire sur des pentes et contre-pentes plus ou moins enneigées nous sommes stoppés par l’herbe sèche et c’est à pied que nous retrouvons la neige en fond de vallée vers la chapelle de Clausis. On rechausse et rapidement Hugues décèle une zone propice pour nous faire LA démonstration aussi spectaculaire que réussie, du test du manteau neigeux. En réalisant une coupe en profondeur de celui-ci, nous observons les différentes couches, identifions les types de neige présents et en sollicitant de plus en plus fort ce sandwich nous créons la rupture des couches fragiles et le glissement de celles situées au-dessus. Avalanche éprouvette réussie ! Avant de terminer cette belle et enrichissante journée dans la chaleur du refuge, Hugues organise un scenario pour nous entrainer à la recherche DVA, au sondage, et au dégagement à la pelle. On apprend et on améliore encore notre pratique.

Covid-19 oblige, le repas est pris dans notre dortoir avec une magnifique vue sur la vallée, ce qui n’est pas désagréable. Le ciel se couvre, le vent forcit, la neige se met à tomber… Sous la houlette de Hugues, nous préparons la journée du lendemain après avoir préalablement repéré dehors les points remarquables à la boussole et la carte. Prévoyant également une mauvaise visibilité, il prend quelques photos qui pourront nous permettre de nous repérer plus facilement.

Apres les quelques 10h de sommeil, on se réveille en compagnie d’un vent tempétueux et de la neige fraiche qui est tombée toute la nuit. On réévalue la faisabilité de l’itinéraire projeté et on adapte devant les incertitudes d’enneigement en face sud pour effectuer le tour de la Tête des Toillies, le manque de visi, les difficultés liées au secours en cas de pépin, le risque avalanche due à la neige transportée la nuit par le vent violent et la présence de couches fragiles annoncée par le BRA et confirmée par nos tests…. La visi s’améliore, comme prévu par la météo, on décide alors de faire une montée simple en A/R avec pour objectif le col de la Noire, puis un retour aux voitures par une remonté au col situé entre le Rouchon et le Queyron, pour une descente finale dans le vallon de Clausis.

La montée vers le col de la Noire se fait dans une belle ambiance montagnarde, la neige transportée par le vent balaye le groupe violement, Hugues fait la trace de manière à être le plus souvent dans les pentes les plus douces et éviter au mieux les accumulations de neige fraiche. La conversion en mode descente se fait sous le col, en face sud, à l’abri (pseudo) du vent. La descente vers le refuge se fait dans les accumulations récentes de neige poudreuse plutôt agréable à skier. Après un bref arrêt au refuge pour casser la croute et se réchauffer, on se dirige vers le nord-ouest et la fin de notre petite bambée par une longue traversée avec pour point de repère le rocher bien visible du Rouchon. Apres cela, la montée finale se fait par de jolies petites combes et se termine par une dernière dont nous évitons les pentes légèrement supérieures aux fameux 30° et avec des accumulations récentes de neige soufflée, par une belle épaule et son arête un poil aérienne. Derrière le col nous finissons par environ 700m de descente dans ce fameux vallon de Clausis, dans une poudreuse un peu lourde qui va nous rappeler les dénivelés et la distance parcourue.

Tout se termine, par 2 km de skating, à ski de rando, sur les pistes de fond du col Agnel, pour rejoindre le parking et les voitures.

Merci à tous pour ce beau petit séjour sportif et montagnard, riche d’apprentissages, d’échanges, et de partages.

 

Prochaine étape ce weekend avec trois jours de ski-alpinisme dans la Vallée de Névache, puis un long stage ski-alpinisme de cinq jours du 2 au 7 avril en Tarentaise.

Croisons les doigts pour que cette belle dynamique se poursuive avec autant de succès.
Tous les participants sont à ce jour ravis, et les encadrants aussi !