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La gestion multi partenariale des falaises du CT 64, une démarche pionnière

Escalade - 15/04/19 à 12:57

Ce beau parcours et cette belle histoire ont vu le jour dès le début des années 1990 après une réflexion de l’ensemble du comité départemental de l’époque. Depuis, le CT 64 s’est transformé. Une métamorphose interne particulièrement intéressante, en adéquation avec les recommandations de la FFME en matière de gestion des falaises. Explications

La gestion multi partenariale des falaises du CT 64, une démarche pionnière
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« C’est en effet une belle révolution intellectuelle et structurelle que nous avons vécue au sein du CT 64 le temps de cette dernière olympiade. Nous sommes sortis d’un schéma purement fédéral, pour nous transformer en un établissement qui est devenu l’opérateur technique identifié des collectivités, des offices de tourisme et des associations environnementales pour développer notre discipline, confie Jean Baptiste Goemare, Conseiller technique fédéral en charge du Développement sportif territorial du CT 64. Aujourd’hui, au niveau local, l’escalade en site naturel est un vrai levier de développement du territoire. »

Le département des Pyrénées-Atlantiques compte à ce jour une trentaine de falaises sportives équipées. « Sur cette olympiade, le travail du CT a été axé sur la remise en état et en sécurité de ces itinéraires verticaux. Les projets partagés entre différents acteurs nous ont conduits naturellement à anticiper le nouveau schéma contractuel d’entretien et de maintenance des sites naturels d’escalade de la FFME », ajoute Thibault Gaffet, secrétaire général du CT64.

« Pour ce faire, le CT a choisi  de s’investir sur trois piliers fondamentaux : l’éducation, le social et le sportif, tout en s’appuyant sur des correspondants locaux bénévoles et des clubs, véritables sentinelles, pour couvrir cette trentaine de SNE », témoigne Jean-Louis Aranjo, Président du CT64.

Il s’est donc axé d’une part sur la formation fédérale des cadres, avec la mise en place d’un cursus annuel d’équipeur en falaise, afin que les grimpeurs licenciés puissent évoluer en autonomie et en compétences. Certains ont ainsi pu par la suite soutenir l’équipeur référent de quelques sites naturels. Il en résulte un maillage actif de veille des équipements qui permet, à ce jour, de répondre à la mission première du CT qui reste la sécurité des sites de pratique.  

Pour le CT 64, les sites naturels d’escalade sont alors rapidement devenus un levier pour développer de nouveaux projets : « Cette sécurisation, et donc cette valorisation des sites d’escalade a considérablement dynamisé nos espaces ruraux de montagne, avec le maintien d’emplois locaux (guides, DE …) et l’ouverture prolongée des centres de montagne de l’éducation populaire. Elle s’est apparentée à une plus-value touristique, qui nous a mis en contact rapproché avec les offices du tourisme, les communes, le Département et des associations environnementales telles que la LPO,  poursuit Jean Baptiste Goemare. Aujourd’hui, nous entretenons une collaboration active, efficace et vertueuse avec tous ces partenaires. »

En effet, une des particularités du CT 64, c’est sa coopération avec la LPO. La création d’une Charte entre les deux entités est d’ailleurs en train de voir le jour pour le suivi et la communication autour des espèces qui nichent dans les falaises. « Un des points de cette charte concerne l’observation. Les membres de la LPO, comme nos équipeurs, sont des observateurs de terrain qui font remonter les informations concernant les nidifications. Des informations qui peuvent nous amener à fermer une falaise pour une durée déterminée. Le CT se charge alors de transmettre cette information auprès des collectivités et des clubs. Un autre point aborde le travail que nous allons mener en coopération avant chaque projet d’aménagement d’un secteur, pour optimiser la protection environnementale et interdire des zones si besoin, tout en prévoyant une communication de sensibilisation pour les pratiquants » développe Jean-Michel Larricq, correspondant local dans le Barétous et référent régional des SNE.

Un des meilleurs exemples pour illustrer ce fonctionnement multi partenarial, c’est le projet de rééquipement et d’aménagement de la falaise d’Arguibelle, une falaise historique à cheval sur deux territoires, la Soule et le Barétous, protégée par la LPO et le CEN Aquitaine, dans une convention avec le CT depuis le 6 décembre 1999. « La revalorisation de la falaise, un projet de 70 000 euros financé à 50% par le SIVU de Haut-Soule et 50% par le Département dans le cadre du Plan Départemental des Espaces Sites et Itinéraires a permis au CT de fédérer un syndicat d’initiative, deux communes, le Département et la LPO, afin de travailler sur un plan quinquennal de gestion et d’aménagement de cette falaise. Un secteur d’initiation et de découverte en faveur des scolaires a été créé grâce à un travail d’aménagement et d’accessibilité du sentier dans une optique de valorisation environnementale et patrimoniale autour d’une scénographie verticale. En effet, ce secteur abrite et accueille un percnoptère d’Égypte et des faucons pèlerins. Des bornes quadri-rotatives, viennent compléter des visuels placés dans la falaise et les noms de voies (la mouche, la fourmi…) afin d’accompagner le curieux en deux niveaux de lecture complémentaires : un niveau global immédiatement accessible fait d’illustrations et de titres synthèses, puis des détails atypiques et pertinents en lien avec le premier niveau. Les travaux d’aménagement sont en cours, ils reprendront après la période de nidification (15 mars – 15 septembre). Toute cette approche de sensibilisation au milieu sera opérationnelle au mois de septembre », se réjouit Jean Baptiste Goemare.

Un autre exemple qui mérite d’être cité est celui d’Arette. Cette petite commune, pionnière, a très rapidement compris l’enjeu de développement local des sites naturels d’escalade.  Elle compte aujourd’hui six falaises : le pont du Hourat, le pont du fort, le Liorry, la falaise des Tennis, du Soudet et des Douanes à La-Pierre-Saint-Martin qui offrent une progression du 3a au 8a pour un peu plus de 120 voies. Des sites validés par les services de l’inspection d’académie pour l’accueil des scolaires et pour lesquels le modèle de contractualisation préconisé par la FFME a rapidement été adopté. « Je dois avouer que le travail de documentation, d’information et d’accompagnement de la FFME nous a été particulièrement précieux dans nos démarches. Nous n’avions plus qu’à présenter l’état d’esprit qui anime ce partage des responsabilités, dans lequel nous avons tous à gagner », confie René Marsan, référent départemental du CT en charge des relations juridiques et contractuelles avec les partenaires locaux.

La mise en place du dispositif des Volontaires en services civiques a permis avec l’apport de leurs compétences et leur engagement citoyen, de faire éclore sur la toile le site www.escalade64.fr. Site ressource et communautaire, qui permet de trouver les dernières informations fournies par les correspondants locaux de la fédération.

Fort de son expertise, le CT 64 se lance aujourd’hui dans un projet de taille : travailler à l’échelle de l’intercommunalité et du Département. « Notre objectif, dans les deux ans, serait de pouvoir unifier ce Plan local d’escalade que nous avons mis en place avec ces différents partenaires. Uniformiser les contrats de gestion et d’entretien pour commencer à travailler avec de nouveaux partenaires : les communautés de communes et le Département des Pyrénées-Atlantiques. »